Le royaume d'Aryon
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Un royaume prospère dans un monde plein de magie, de mystères et surtout d'aventures !
Natif de cette contrée, vous allez pouvoir défier votre destinée et créer votre légende au travers d'un récit épique qui marquera l'histoire du royaume... Que vous soyez un artisan de génie, un commerçant fourbe, un noble prétentieux, un aventurier intrépide ou un garde incorruptible, vous avez tous votre place dans le royaume d'Aryon !
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Le Noble et la Voleuse

Mysora Veriano
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Mysora Veriano
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Jeu 25 Juil - 23:26

Le Noble et la Voleuse Mysora11


« Si je devais vous définir, je dirais que vous êtes un idiot doublé d'un incapable. Et si j'étais franche je vous avouerais également que je ne vous apprécie pas. Êtes-vous surprit ? N'en soyez pas peiné, je n'aime personne pour ne rien vous cacher... Mais tout de même, vous, c'est quelque chose ! Vous avez ce... Ce manque de talent ? A mes yeux, vous êtes semblable à une mouche renversée sur le dos qui lutte pour reprendre contenance et, lorsqu'elle y arrive, retourne à une vie misérable et sans aucun autre but qu'exister. Au moins ont-elles la décence de ne mesurer que quelques millimètres. Vous concernant, c'est une autre histoire ! Comment êtes vous atterri ici, rappelez moi ? »

« Mademoiselle, pourriez-vous me laisser me concentrer juste quelques se... »

« Franck, c'est ainsi que l'on vous appelle ? Franck, prenez mes prochaines paroles comme un conseil. Votre lenteur n'a d'égal que l'originalité de vos parents en matière de prénoms. »

« Si je puis me permettre, Mademoiselle Veriano, en quoi cela représente-t-il un quelconque conseil ? »

« Vous devriez choisir de meilleurs noms qu'eux pour vos enfants. Et cessez d'être si diverti, activez-vous bon sang ! »

Le domestique, s'attelant tant bien que mal à sa tâche, laissa échapper un soupir à peine dissimulé pour exprimer son mécontentement. Une aiguille à la main, un morceau de tissu sur les genoux, le dit "Franck" résistait difficilement à la tentation de cribler de trous son adorable maîtresse. Lorsque son seuil de tolérance semblait atteint et que l'envie le prenait véritablement, il se forçait à visionner le visage de Keith et de son père, véritables lueurs d'espoir dans le domaine Veriano pour lui et ses compagnons. Les deux hommes, malgré leur statut, n'avaient jamais mal traité leurs employés. Oh bien entendu, il arrivait de temps en temps que le jeune homme réprimande l'un d'entre eux, se montre un peu sec lorsque nécessaire ou bien devienne soudainement exigeant. Mais jamais il n'avait eu de propos déplacés à leur encontre... Tout au plus pouvait-il se montrer taquin en certaines occasions, et cela ne faisait qu'ajouter à son charme !

Mysora ? C'était une toute autre affaire.

« J'ai terminé. Votre robe est comme neuve. » annonça-t-il en se levant, dépliant le vêtement devant les yeux de la jolie rousse. « La réparation est invisible, hormis si l'on y regarde de très près. » jugea-t-il nécessaire de préciser.

« Personne n'approchera si près. »

« Ça, je n'en ai aucun doute. » répliqua-t-il en sortant de la pièce avec son matériel.

Cette réflexion fit apparaître un sourire sur le visage de la demoiselle. Ce garçon n'avait jamais eu l'occasion de la contempler sous sa fausse facette. Lors de festivités nobles, la voleuse adoptait une personnalité si différente de la véritable qu'il était impossible pour ses connaissances de douter une seule seconde de son authenticité - une véritable reine de la tromperie et du mensonge ! Elle y trouvait régulièrement des jeunes hommes qui, pour l'occasion, n'auraient pas eu à se faire prier pour y regarder "de très près" et de nombreuses personnes vantaient sa bonté et sa sympathie. Bien entendu, comme partout, d'autres ne pouvait s'empêcher de la critiquer à la première occasion... Mais ces derniers, ironiquement, ne pouvaient savoir à quel point leur mépris de cette jeune frivole était partagé par un grand nombre d'individus. C'était là le plus amusant ! Du reste, Mysora détestait simplement participer à ce genre de fêtes... Elle reprochait souvent cela à Keith, s'énervant à chaque fois qu'il annonçait devoir s'y rendre en sa compagnie. Ne pouvait-il pas se passer d'elle, pour une fois ?

Elle ordonna qu'on lui prépare un bain puis, une fois lavée et parfumée, revêtit la jolie robe sur laquelle le pauvre domestique venait de travailler des heures durant. Quelques rajustements et jurons plus tard, elle exécuta un tour sur elle-même pour vérifier la tenue de celle-ci puis, satisfaite, alla rejoindre son ami à l'extérieur. Elle fut accueillie nonchalamment par l'intendant, impatient, qui vint l'agripper par le bras pour l'amener plus rapidement jusqu'aux montures censées les mener jusqu'aux festivités.

« Jamais, JAMAIS un Veriano n'est arrivé en retard à une invitation. C'est un manque de respect total. » râla-t-il sans même regarder l'intéressée. « Vous êtes noble, Mademoiselle Veriano, mais cela ne vous autorise pas à manquer à vos obligations. »

« Vous êtes vieux, Rahan, mais cela ne vous autorise pas à être condescendant. Retournez changer les langes de nos domestiques et cessez de me faire perdre mon précieux temps ! Tout le monde n'a pas la chance d'avoir votre emploi du temps. » lui lança-t-elle en l'obligeant à lâcher son bras.

Mysora refusa l'aide qu'on lui proposa pour escalader sa monture puis s'installa sur la selle, saisissant les rennes de ses deux mains. Son regard fut alors attiré par la rougeur du visage de l'intendant, vexé au plus haut point.

« Monsieur, loin de moi l'idée de vous dire quoi faire... Mais ne pourriez-vous pas... ? ». Il fit un geste de la tête pour désigner la jeune femme, espérant que Keith se montrerait plus efficace que lui pour la réprimander.
Keith Veriano
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Keith Veriano
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Ven 26 Juil - 19:01

En ce jour, les Veriano étaient invités à une réception. Un banquet organisé par un investisseur et ami de Keith, et il était par conséquent inadmissible de se montrer en retard ou de mal s'y conduire. Cela faisait des années que le maître de maison le répétait à sa voleuse adoptée, mais elle n'en faisait qu'à sa tête tant qu'ils n'étaient pas arrivés à destination. Avant de la retrouver, il fit le tri dans ses papiers et une petite sieste. Très certainement que la soirée serait épuisante, mais divertissante également. Du moins il l'espérait. Sans oublier qu'il amenait une arme enveloppée dans de la soie et de la dentelle pour une réunion entre nobles.

Une fois reposé de sa journée de travail, Keith sortit de son étude, fit un brin de toilette et porta les vêtements que ses domestiques lui avaient préparés. Un noir de jais couturé d'un rouge éclatant. Classique sur lui. Il attacha ses longs cheveux et descendit dans la cour du manoir. Avant que Mysora n'entre dans son champ de vision, Keith parla avec son personnel en charge des écuries. Une soudaine envie d'équitation lui fit refuser la calèche, et il demanda à ce que l'on prépare des chevaux pour leur soirée. Le cocher et les palefreniers furent surpris, mais s'adaptèrent bien vite à ce changement de programme. La gouvernante Emilia demanda avec appui à ce qu'un garde du corps vienne avec eux, mais Keith refusa poliment. Face à l'insistance de son employée, il lui répondit chaleureusement, une main sur l'épaule.

"Votre inquiétude me touche, ma chère, mais ne soyez pas si prédisposée à imaginer le pire. Je serai navré de voir votre jeunesse et votre fraîche beauté être gâchées par de si vilaines pensées. Croyez-moi ma chère, Mysora et moi ne courrons aucun danger."

En retirant sa main, il effleura son cou et garda son sourire de connivence. Emilia savait très bien qu'il la flattait pour ne plus l'entendre, mais malgré tout, elle soupira et accepta les paroles du Veriano. Celui-ci retint un rire devant la capitulation de sa gouvernante, alors qu'il voyait dans le regard de ses autres employés qu'elle subirait sûrement des taquineries pour la scène qu'il vint de faire. Ce n'était pas grave, Emilia savait se faire respecter et ses employés fauteurs de troubles avaient tôt fait d'être remplacés. La quiétude dans son domaine et parmi son personnel était une priorité qui lui tenait à cœur. Après tout, ce sont eux qui propageaient au peuple les bonnes rumeurs sur sa conduite. Il était important de rester proche d'eux, et puis, ça l'échauffer pour la soirée mondaine qui l'attendait.

La voix râleuse de Mysora lui parvint de loin aux oreilles, accompagnée de celle de Rahan. Encore... Mysora ne pouvait-elle pas calmer ce sale caractère pour une fois ? Pourquoi il n'y avait que lui de capable de l'encaisser ? Il soupira, ce qui fit rire Emilia qui était encore en face de lui. Mi-autoritaire, mi-amusé il lui lança soudainement.

"_Demain midi, vous nous ferez du coq au vin sans faute. Et par vous, je dis "Emilia".
_ Bien monsieur."
Dit-elle avec une révérence exagérée et un sourire bien visible.

Keith enfourcha son cheval et se dirigea vers la Dame Veriano et son intendant. Il entendit distraitement ce qu'ils disaient, jusqu'à ce que Rahan s'adresse directement à lui. Il l'écouta en fixant Mysora dans un air sévère. Keith acquiesça lentement pour son majordome, et alors qu'il regardait son amie, il fit claquer sa langue. Il avança son cheval pour être à sa hauteur et lui parler sans avoir à crier. Sa voix était stricte et ne semblait plus

"Ce soir, je n'ai nul besoin d'une mégère à mes côtés. Seulement d'une Dame respectable, capable d'honorer le nom des Veriano, et d'user de toutes les capacités que la nature et le hasard ont jugés bons de lui octroyer. Puis-je compter sur toi Mysora, ou dois-je considérer que tu échoueras et te laisser ici en conséquence ?"

Keith fixait la rouquine, tellement concentré à détailler tous les traits faciaux et la gestuelle de son corps qu'il ne clignait plus des yeux. C'était une menteuse habile, et il savait pertinemment qu'il devait décrypter tout ce qu'il pourrait percevoir. Rahan, quant à lui, était content des remontrances du maître des lieux, mais fit une petite grimace à l'idée de laisser Mysora seule au manoir, avec juste les domestiques et le reste du personnel.
Mysora Veriano
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Mysora Veriano
Croque-Chance
Lun 29 Juil - 21:26

Le Noble et la Voleuse Mysora11

« Par Dame respectable, nous convenons tout les deux que tu veux parler de l'une de ces commères pastichées couvertes de poudre de nhauble que nous côtoyons à outrance ? » railla-t-elle à l'intention de Keith. « Si tu souhaites tant une demoiselle qui fera honneur à la maison Veriano, tu n'as qu'à en sélectionner une parmi tes nombreuses prétendantes. Une fille fausse, idiote, faiblarde... Mais respectable ! »

« Mademoiselle ! » intervînt Rahan, outré par de tels propos.

« Veuillez me pardonner, MONSIEUR l'intendant. La vérité m'a simplement échappé. »

« Maître Veriano vous accorderait-il plus d'importance que vous n'en avez réellement ? » fit-il remarquer en ignorant les précédentes paroles de la rouquine. « Êtes-vous réellement incapable de vous tenir à carreau même lorsqu'il en fait la demande ? Je me suis toujours demandé ce qu'il vous trouvait  de si particulier mais au moins avais-je l'espoir qu'il trouve en vous une bonne compagnie, ce à quoi nous avons tous échoué. » lui lança-t-il sans frémir lorsque leurs regards se croisèrent.

Quelques instants plus tard, il finit par rompre le contact visuel persuadé de l'échec de ses remontrances, puis s'inclina face à la monture de son maître avant de tracer chemin jusqu'à la grande porte d'entrée du domaine où des domestiques l'attendaient de pied ferme. Sans doute souhaitaient-ils profiter de l'absence des deux nobles pour, une fois de plus, clabauder sur la malveillance de la protégée de Keith et s'inventer une vie idyllique en son absence...

Mysora exprima son mécontentement par un long soupir. Si l'envie de répondre à ce misérable lui démangeait la langue, celui-ci avait malheureusement touché un point bien trop sensible qui l'empêchait de le contredire. Nul doute qu'elle se souviendrait de cette humiliation afin de lui rendre au centuple en temps voulu ; lorsqu'il s'agissait de se venger, personne n'était en mesure de l'égaler ! Silencieuse depuis départ de l'intendant, la jeune femme fit avancer son cheval afin de s'approcher de son partenaire. Une moue boudeuse sur le visage, telle une enfant contrariée, elle évita soigneusement de croiser le regard de son ami en prenant la parole.

« Je n'échoue jamais. On y va ? »

Les deux compères se mirent enfin en route dans un même élan, leur allure plutôt soutenue justifiée par la volonté de rattraper un retard prit par la faute de Mysora. Sa robe, inadaptée à ce genre de folies, virevoltait sous l'effet d'un vent agressif sans pour autant la déconcentrer. Par moments, elle se permettait un regard en direction de son camarade et lui offrait un sourire de défi, satisfaite de partager ces quelques moments d'amusement avec lui. Amusement ? C'était chose rare, principalement du fait du contrat qui les liait tout deux : lorsqu'elle ne participait pas à ces maudites festivités, la jolie revêtait sa tenue de travail et accomplissait différents méfaits pour le compte du Noble ; le peu de temps libre à sa disposition était exclusivement employé pour servir l'une ou l'autre de ces deux vies... Malgré tout, il lui arrivait en de rares occasions de s'éclipser une heure ou deux pour rendre visite à sa famille adoptive  - bien que cela relevait souvent de l'exceptionnel.

Jamais elle ne s'était "réellement plainte" de cet emploi du temps surchargé. Oh, bien entendu, il y avait souvent des signes de mécontentement ou des protestations de sa part... Mais Mysora ne serait pas Mysora sans quelques complaintes et râleries, n'est-ce pas ? Trahissant ses paroles, ses actions étaient bien souvent révélatrices du sérieux et du soin particulier qu'elle prenait lors de l'accomplissement de ses missions. Pas besoin de préciser que le hasard n'avait rien à voir dans tout cela.  

Le duo, une fois arrivé sur les lieux, adopta une allure bien plus lente puis s'arrêta conjointement lorsque quatre domestiques approchèrent dans leur direction. Deux d'entre eux se saisirent des rennes et les autres vinrent aider les cavaliers à descendre. Mysora cacha difficilement son agacement en sentant des mains étrangères posées sur sa taille mais il n'était plus l'heure de se montrer sous son vrai jour. Elle se contenta de jeter un regard mauvais à Keith pour contenir sa fureur, puis une fois le pied au sol, elle se tourna dans la direction du serviteur pour lui offrir son plus faux sourire.

« Merci. Vous êtes un véritable amour ! » le complimenta-t-elle d'une voix mielleuse, si exagérée qu'elle en douta elle même un instant.
Keith Veriano
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Keith Veriano
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Mer 31 Juil - 22:04

Keith écouta sans mot dire Mysora et Rahan. Chacun semblait avancer des paroles correctes, malgré le voile du mécontentement, mais il ne jugea pas utile d'intervenir. Déjà parce que ces deux-là ne s'entendaient pas. Mais aussi parce que les deux se turent en même temps. C'était comme s'ils avaient trouvé un terrain d'entente pour Keith. Ce jour serait-il finalement arrivé ? Incroyable... Malgré tout, il restait sévère pour l'instant, tant que ces deux-là le regarderaient, il ne pouvait leur laisser croire que cela ne l'exaspérait point. Il y avait bien longtemps qu'il avait abandonné l'idée de leur faire renoncer à leurs petites querelles, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne faisait rien en retour. Le seul aspect ennuyeux suite à leur dispute était que Keith prêtait plus l'oreille à son Intendant qui avait tendance à voir la Noblesse comme l'héritier Veriano. Contrairement à la Dame qui avait son sale caractère.

Alors que Mysora lui glissa un mot à l'oreille en demandant à se mettre en route, Keith profita d'être dans son angle mort pour réaliser un très large sourire. C'était à ce moment qu'il la reconnaissait le mieux. Déterminée et prête à passer à l'action. Rahan ne pourra jamais comprendre pourquoi il avait ramassé un tel chat errant et l'avait gardé avec lui tout du long, mais jamais Keith ne regretta sa décision. Tant de projets furent menés à bien grâce à sa collaboration. Assassinats, pillage, extorsions de biens ou de services, chantage... Toutes ces méthodes rendu tangible car il avait un agent bien placé. Il en aurait presque ri. Mais son public le dévisageait. Il se mit à fixer son Intendant, comme si de rien était, puis s'éclaircit la voix. Celle-ci devint forte et claire, à l'attention de tout le personnel présent.

"Sur ce, Mesdames et Messieurs, je laisse mon domaine entre les mains de Rahan et d'Emilia ! Passez une bonne soirée !" La foule salua les Veriano partir, ou peut-être seulement Keith ? Mais ce dernier se pencha vers Rahan. "Envoyez-nous un carrosse est trois hommes dans 3 ou 4 heures. J'ignore dans quel état nous serons."

Rahan souhaita une bonne soirée à son employeur, puis, le Maître des lieux fit demi-tour, rejoignant sa comparse. Elle avait pris un peu d'avance, et Keith combla cet écart avec un petit galop. Il était bien content de refaire de l'équitation ! Le vent s'infiltrait dans ses cheveux, le bruit des chevaux emplissait l'air comme des tambours. Et finalement, le rire de Keith rejoint l'air. Tout simplement joyeux de pouvoir profiter de cette sortie, de son cheval, et de la compagnie de Mysora. Même si elle faisait d'incroyables efforts pour être insupportable, Keith tenait bon, et l'avoir à ses côtés était rassurant à bien des niveaux.

A l'approche de leur destination, alors qu'ils étaient encore en rase campagne, le fils Veriano fit ralentir leurs chevaux et regarda la voleuse. Son sourire si coutumier était absent de ses lèvres, mais ses traits demeurèrent doux et avenant. Le soleil s'était couché il y a peu et la pleine lune fit ressortir la peau pâle du jeune homme. Il prit une nouvelle fois la parole d'une voix calme et affirmée.

"Tu es magnifique ce soir, Mysora. Je vois que tu as encore fait le nécessaire pour préparer ta mission, j'en suis content." Keith resta silencieux encore un moment, à contempler sa comparse.

"Pour ce qui est de la réelle raison de notre présence, il me faut deux ouvrages. Le premier est un livre de compte tenu par notre cher hôte. Je le soupçonne de me cacher des informations et de m'escroquer de l'argent. La seconde est un recueil de ses projets personnels. Il y note tout ce qu'il peut entreprendre, ses annotations, ou encore comment et avec quels partenaires. Ce sont des informations clefs qui pourront me permettre de le devancer." Keith ne sous-entendait pas qu'elle ignorait pourquoi ils étaient venus, ni même qu'il était possible qu'elle échoue. Maniaque du contrôle comme il l'était, il aurait même été surprenant qu'il ne refasse pas un énième topo.

"Une fois que j'aurais étudié ces deux livres, il faudra les redonner discrètement à leur propriétaire. Mais ça, ce sera un travail pour l'autre Mysora."

En entrant finalement dans le parc privé du Noble, des valets accueillirent les Veriano avec respect et servitude. Les accompagnant jusqu'à la salle de réception, Keith observait les lieux. La taille était sensiblement similaire à sa propre demeure, mais la grande salle prenait bien toute une aile du manoir ! Immense, luxueuse, animée. En un mot : imposante. Et alors qu'ils firent leur premier pas à l'intérieur de la salle, un domestique parla d'une voix forte.

"Madame Mysora Veriano ! Monsieur Keith Veriano !"

Keith avait senti une hésitation chez le valet sur sa manière de l'annoncer, ignorant s'ils étaient frère et soeur, mari et femme, ou autre ? Keith n'y prêta que brièvement attention pour s'en amuser, alors qu'il reposa son sourire sur son visage. Arrivé en retard... Cela avait toujours eu le don d'énerver Keith qui était quelqu'un de pointilleux et méticuleux, qui détestait souffrir des imprévus. L'idée de se montrer envers Mysora lui traversa l'esprit avant d'abandonner ses pensées : d'abord, il lui fallait se concentrer sur la situation actuelle. Il verrait plus tard s'il aurait le coeur ou non  de lui en vouloir.

A l'intérieur, il relâcha sa chapardeuse dans la nature en lui murmurant Bonne chance !, avant d'être accueillit à bras ouverts par des gens qu'il connaissait bien. On lui tendit immédiatement une coupe dont il se saisit avec une adresse qu'il n'avait en aucun autre cas, et se mit à parler d'une langue plus habile que bien des épées.

"Vous me voyez tous ravi de vous retrouver. Cela fait bien des mois que je n'avais aucune nouvelles ! Oui, mes affaires ! Que dire, elles sont fleurissantes en ce moment ! Je ne ménage pas mes efforts, et je peux compter sur le soutien de mes proches. Et sans vouloir être présomptueux. Il se pencha en avant en parlant à peine plus bas. Je vous mets dans la confidence, j'ai quelques projets sous la main qui pourrait me faire fructifier mes comptes une nouvelle fois !"

Keith ponctua son discours pompeux, appréciait uniquement des Nobles, par un léger rire qui se communiqua aux autres convives autour de lui.
Mysora Veriano
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Mysora Veriano
Croque-Chance
Dim 4 Aoû - 20:31

Le Noble et la Voleuse Mysora11

Keith se sépara rapidement d'elle peu après leur arrivée dans le domaine afin d'aller rejoindre des connaissances regroupées en un petit cercle improvisé dont l'accès semblait, d'un point de vue externe, réservé à un très faible échantillon d'individus triés sur le vol. Des nobles parmi les nobles, d'une certaine manière ! Laissée seule sur place avec en tête le court briefing donné par son ami, Mysora ne perdit pas un instant pour réfléchir à la façon dont elle déroberait les deux objets convoités. Bien que la mission lui avait été révélée plusieurs jours plus tôt, établir à l'avance un plan sans prendre en considération les innombrables éléments perturbateurs que pouvaient offrir une soirée de ce genre n'était pas envisageable... Et ces éléments perturbateurs ne se firent d'ailleurs pas attendre : un groupe de demoiselles riants à gorge déployée se dirigeait déjà dans sa direction et s'arrêta à proximité, visiblement intéressé par la voleuse. Tout sourire aux lèvres et les joues rosies, l'une d'elle prit la parole.

« Mysora, ma charmante Mysora ! Mais pour quelle raison restez-vous enracinée ici, à l'entrée ? Vous viendrait-il soudainement l'envie de devenir portière ? »  rigola la femme, rapidement imitée par ses partenaires ainsi que la concernée. « Je plaisante bien entendu ! Pardonnez ma gaieté et celle de mes amies... Il semblerait que quelques verres et discussions de filles aient eu raison de notre sérieux. » avoua-t-elle sans l'ombre d'une gêne.

« Allons, une petite touche d'humour n'a jamais tué qui que ce soit ! Et soyez rassurées sur le fait que je risque moi même de vous rejoindre après avoir goûté aux délices que notre convive nous a préparé. » mentit-elle en arborant une expression semblable à son interlocutrice. « En attendant, sauriez-vous me dire où pourrai-je me refaire une beauté ? » demanda-t-elle, espérant se débarrasser de ces indésirables.

« Vous refaire une beauté ? Allons, je parierai sans crainte que vous êtes bien plus présentable que la majorité des invités présents dans la salle. Vous feriez rougir d'envie notre bien aimée Reine... » chuchota-t-elle pour finir, s'assurant qu'une oreille mal avisée ne l'entendrait pas. « Venez, je vais aller vous présenter à la maîtresse des lieux. Nous passerons la soirée ensemble, cela risque d'être mémorable ! »

« Mysora ? Mais vous pleurez ? » fit soudainement remarquer l'une des autres femmes présentes, provoquant des regards surprit à destination de la rouquine. Celle-ci, penaude, resta pantoise l'espace de quelques secondes avant de comprendre que maquillage frais  et chevauchée au galop ne faisaient pas bon ménage... Sur son visage, le résultat donnait une impression de chagrin récent, rendu encore plus crédible suite à sa demande d'aller se remaquiller - excuse qu'elle utilisait uniquement pour trouver une issue de secours. Il lui fallait rebondir, aussi trouva-t-elle nécessaire d'exploiter ce coup de chance pour la desservir.

« Je... Je ne me sens pas très bien, oui. A vrai dire, je n'en peux plus. » commença-t-elle à mentir, au sommet de son art. « Je me sens si incapable, si vous saviez... J'essaie de me rendre utile pour Keith, mais il faut me rendre à l'évidence. Il n'a pas besoin de moi. Je ne sais même pas pourquoi il m'a choisie parmi tant d'autres. C'est un homme si admirable. Moi je ne suis rien. Et pourtant il continue à m'accepter, il me chéri, il m'aime sans attendre en retour. Il est tout pour moi, et je n'ai rien à lui rendre. »

La menteuse réussit - malgré une envie de vomir après un tel discours - à faire perler une larme le long de ses joues. Le rire avait laissé place à de la compassion et toutes les demoiselles s'étaient soudainement approchées d'elle, certaines lui tenant l'épaule, d'autres replaçant une mèche de cheveux derrière ses oreilles, et toutes la rassurant sur "l'utilité" de sa présence aux cotés de Monsieur Veriano - ce dont elle ne doutait pas un seul instant. Un moment plus tard, l'une se proposa finalement de l'accompagner à l'étage pour lui indiquer un endroit propice à sa toilette afin qu'elle puisse nettoyer son visage. Tenant la "pauvre" par les épaules, la demoiselle l'emmena jusqu'au lieu dit tout en la consolant sur le trajet. Enfin, elle désigna une porte un peu plus loin et lui souhaita bon courage, prête à retourner auprès de ses camarades au rez-de-chaussée.

« Attendez ! Pourriez-vous... Pourriez-vous rester devant la porte pour éviter que l'on ne m'importune ? Je n'aurai pas envie d'être dérangée par quelqu'un qui viendrait à pénétrer à l'intérieur sans savoir que je m'y trouve... » demanda-t-elle, requête immédiatement acceptée par son amie.

Il lui avait paru évident, lorsque le plan lui avait été révélé quelques jours plus tôt, que l'absence de deux livres d'une telle importance se ferait très certainement remarquer par leurs propriétaires... Aussi jugeait-elle indispensable pour prouver son innocence de s'offrir un témoin qui pourrait, si on venait à l'accuser, plaider en sa faveur. Mysora pénétra dans la pièce, referma la porte derrière elle, puis se dirigea immédiatement en direction de la fenêtre qu'elle ouvrit complètement. Une fois sa robe retirée, elle escalada la petite paroi qui lui permit d'accéder à l'extérieur puis longea le mur afin d'atteindre une pièce plus éloignée par laquelle elle sortit aussitôt. Elle se faufila ensuite dans les couloirs sans être repérée et fila rejoindre la chambre des hôtes dans laquelle elle espérait trouver le premier objet demandé par son employeur. Elle déroba sans grand mal la clef conservée par l'un des domestiques somnolant contre le mur, puis déverrouilla la serrure qui lui permit d'entrer dans la pièce. Un petit coup d'œil global lui permit de deviner aisément l'endroit le plus propice où conserver un manuscrit important et elle n'eut pas à fouiller bien longtemps pour mettre la main dessus. Finalement quelques minutes seulement lui avait suffit pour chaparder le recueil de projets et il ne serait sans doute pas plus difficile de faire de même pour le livre de comptes !

« Ce satané Keith, toujours à se pavaner devant les autres nobles ! » s'énerva une voix proche, obligeant Mysora à trouver refuge dans l'une des armoires à proximité afin de ne pas être repérée. « ET POURQUOI cette fichue porte n'est-elle pas fermée, bon sang ? » cria-t-on à l'attention du serviteur, réveillé en sursaut. « Oublie encore une fois de verrouiller ma chambre et tu peux dire adieu à ton travail ici. Hors de ma vue. » ordonna l'homme, visiblement très irrité.  

Une seconde voix, féminine, vint reprendre la conversation ou elle avait été interrompue. « Que comptes-tu faire ? Te laisser marcher sur les pieds, comme toujours ? »

« JE tire les ficelles, pas lui. Cet abruti est incapable de se rendre compte de l'argent que je me suis fais sur son dos pendant toutes ces années. Il n'est bon qu'à parader devant la noblesse. Je dois avouer qu'il m'a été bien utile jusqu'à présent mais je crois que le temps est venu de se débarrasser de lui et de prendre sa place. » révéla-t-il, inconscient qu'une tierce personne écoutait leur conversation privée. « Tu as ce que t'ai demandé ? »

Grâce au jour de l'armoire, la voleuse observait scrupuleusement la scène. Elle put ainsi clairement apercevoir la femme présenter à son comparse une petite flasque qu'elle rangea soigneusement d'où elle l'avait sortie. La rouquine, suite à cette conversation, déduit sans trop de difficultés qu'il ne s'agissait pas d'un liquide inoffensif tel qu'un alcool fort ou une boisson quelconque. Il ne pouvait être question que de poison et la cible en paraissait évidente...

« C'est pour ce soir ? Tu ne crains pas que l'on t'accuse ? » demanda la femme, à priori peu convaincue par le plan échafaudé par le maître des lieux.

« J'ai ouï-dire par mes contacts que sa bâtarde de compagne n'était qu'une moins que rien lorsqu'il l'a recueillie puis anoblie. Une catin, si bien maquillée et vêtue qu'elle le peut, ne reste rien de moins qu'une catin. Nous ferons en sorte que les soupçons se dirigent vers elle. Pourquoi ne pas répandre la rumeur d'une sombre histoire d'héritage, par exemple ? Ce ne serait pas la première fois qu'une personne en assassine une autre pour une affaire d'argent. »

« Et elle aura bien moins de crédibilité que toi, c'est certain. Je l'ai aperçue plus tôt, il me semble l'avoir vue pleurer devant plusieurs personnes. Ton histoire en sera d'autant plus crédible ! »

« Dans une heure, je présenterai un discours devant toute l'assemblée afin que nous levions nos verres. Assure toi qu'à ce moment le poison soit présent dans celui de Keith... Et ne te fais pas repérer. » donna-t-il comme dernières instructions à sa partenaire avant que les deux individus ne sortent de la pièce, refermant celle-ci à clef.
Keith Veriano
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Keith Veriano
L'empire commercial recrute vos précieux talents
Jeu 8 Aoû - 19:37

La musique tenue par un petit orchestre parvenait doucement aux oreilles de Keith, qui était trop occupé à écouter ses pairs. Les gens étaient réunis non pas par camaraderie, mais parce qu'ils savaient qu'ils avaient chacun besoin les uns des autres afin de consolider leurs positions sociales. Rien de bien étrange à cela, ce n'était qu'une meute prête à s'entre-dévorer face à un signe de faiblesse. Inutile de dire que la confiance absolue de Keith envers lui-même et son entreprise était une clef de voûte à son charisme dans ce genre de réunions ! Les nobles se réunissaient autour de lui, tantôt curieux et affectueux, et parfois envieux et agressifs. Il savait gérer dans les deux cas, tout en amusant son auditoire. Manier le verbe avec raffinement ou faire montre de ses connaissances aux moments opportuns désarmé bien souvent les vaines tentatives de disgrâce dont il était la cible. Ah, ce ne sont que des amateurs... Mais des amateurs assis sur de puissantes fortunes, dont il serait bon d'en prendre des parts. Inutile de leur laisser l'argent dont ils ne se serviront pas, de toute façon !

Les conversations fusèrent de plus en plus, et très vite, la soirée tourna en un capharnaüm de mots et d'onomatopées. Les phrases avaient de moins en moins de sens avec l'alcool, et la piste de danse était peu habitée. Keith déplora silencieusement une réception d'aussi piètre qualité de la part de son ami et collaborateur. Une vieille noble à côté de lui fit d'ailleurs quelques remarques désobligeantes à propos de... Un peu tout, en fait.

"_ Mais quelle déconcertante cérémonie...
_ Oh, ma chère, je partage votre avis !
_ Vraiment, monsieur ? Concernant ?
_ Tenez, par exemple ces petits canapés. Ils manquent de goût et sont secs.
_ Ah ! Je vois que vous êtes connaisseurs ! Je suis bien d'accord avec vous. Le cuisinier qui a fait ça n'en avait sans doute rien à faire des gens qu'il servait !
_ Je serais bien embêté de vous contredire. Cela manque d'assaisonnements et à part la pâte de ce biscuit, il n'y a rien.
_ Et quant à la boisson, regardez-moi ces verres ! Ils sont ridiculement petits ! Du temps de mon mari, les gens qui venaient chez nous n'étaient autorisés à partir que lorsqu'ils étaient obligés de faire appel aux domestiques pour marcher ! Les gens dansaient, mangeaient et buvaient comme si Lucy elle-même le leur demandait !
_ Ah ah, ma Dame, c'est quelque chose que j'aurais aimé connaître. De nos jours, beaucoup de nos pairs sont coincés et tellement timide qu'ils ne font rien d'autre que de craindre son voisin ! Plus d'amusement, plus de folies !"


Le jeune Noble et la vieille Noble continuèrent comme ça pendant encore quelques minutes, critiquant tout ce qui pouvait l'être, et refaisant le monde en mieux. Il ignorait ce qu'en pensait la Dame en question, une certaine Charlotte Venszeslas, mais le concernant, il avait juste trouvé une occasion de raconter n'importe quoi de bon cœur, et en conversant avec quelqu'un dont il ignorait tout. C'était juste un moment divertissant comme un autre. Et après avoir quitté cette personne âgée, une autre femme était là. Juste derrière lui, comme à l'attendre. Je suis presque certain qu'elle n'était pas là il y a un instant... Celle-ci était bien plus jeune que l'autre, avec une toilette provocante et surtout un air renfrogné.

Surpris par une telle découverte, Keith essaya de comprendre la situation dans laquelle il était. L'ais-je déjà rencontré ? Non... Son visage ne me dit rien. Une nouvelle venue ? Ou peut-être que... Si, cela lui revenait ! Une amie de Mysora quand il l'emmenait en soirée ! Keith n'avait jamais cherché à la séduire : superficielle, d'une famille "modeste", et déjà amie avec Mysora. Aucun intérêt d'obtenir ses faveurs, puisque son amie avait déjà fait le nécessaire en l'amadouant. Retrouvant un peu de contenance, Keith voulut faire un pas, mais très clairement, elle le suivait du regard. Au bout de quelques secondes d'incompréhensions et de sourire perplexe, il prit les devants en lui demandant :

"_ Bonsoir. Puis-je quelque chose pour vous ?
_ Oui ! Traitez Mysora avec plus d'égards ! C'est une bonne amie et elle ne mérite pas ça !"


Keith resta interdit. Il ignorait ce qu'il venait de se passer et comment réagir. Rire ? Soupirer ? Répondre que oui ? De se mêler de ses affaires ? Une part de lui était amusé, l'autre blasé de cette situation. La pauvre fille devant lui ne se doutait pas une seconde de tout ce qui se passait au-delà d'elle. Un enfant qui ne savait même pas être perdu. Elle toussota bruyamment, et ne voulant pas attirer l'attention plus que cela sur lui, car cette vigilance ne l'intéressait pas, il mit ses méninges en marche dans un pur produit réflexe.

"_ Oh, je suis navré que vous ayez eu à la voir ainsi. La vérité c'est que nos relations sont un peu tendues en ce moment, elle me reproche de trop travailler. Et je n'ai rien à opposer à cela, malheureusement.
_ Alors trouvez le moyen de passer du temps avec elle !
Commença-t-elle à ordonner à Keith, qui tiqua sur ce ton irrespectueux.
_ Ne vous en faites pas. J'ai prévu mes associés pour prendre des congés sous peu. je n'ai encore rien dit à ma chère Mysora pour lui faire la surprise, et l'emmener avec moi. Nous irons nous reposer quelques jours dans un chalet.
_ Oh ! Eh bien... Je... Je vois."


Devant son incapacité à répondre, Keith lui prit la main et y déposa un baiser, avant de redresser la tête vers elle. L'innocence était revenue sur son visage, ses cheveux descendaient en cascade de part et d'autres de ses traits, jusqu'à effleurer la main de la jeune Noble. Celle-ci fut prise de court par ce revirement de situation, et détourna vaguement les yeux.

"_ Merci à vous de vous soucier ainsi du bonheur de Mysora. Continuez comme ça, je vous prie. Tant qu'elle est heureuse, cela me convient.
_ Bien... Bien sûr. J'aiderais mon amie comme je le peux..."


Keith lui fit un dernier signe avant de partir plus loin, agrippant le premier verre disponible. Autant parler avec Charlotte était égayant, autant... Cette fille dont il ignorait le nom avait effacée en partie sa joie. Le coup de stress... Heureusement que peu devaient écouter à ce moment... Son verre de nouveau rempli puis vidé, il le reposa, soupirant tout doucement, pour ne pas être surpris. Mais un autre Noble s'approcha bien vite. Il commença à le féliciter pour sa manière d'avoir géré la petite Noble, qu'il savait collante.

Discuter avec lui s'avéra très vite redondant avec ce qu'il connaissait, et d'autres les rejoignirent. Les sujets de débats partirent dans tous les sens, parfois touchant des sujets important qui relançait l'intérêt de Keith, comme les taxes et les dernières découvertes. Tandis que l'autre le laissèrent proche d'un état cathartique, avec un fort penchant pour laisser la parole à autrui. "Allons mes amis, on m'a assez entendu ! Je suis moi-même curieux de connaître vos récits !" Démagogie, quand tu nous tiens... Keith envisageait sérieusement à rentrer en politique, mais il lui faudrait plus d'appui pour y parvenir.

C'est alors que l'hôte de la soirée arriva jusqu'à lui. Il parlait fort, comme pour attirer l'attention. Lui qui était l'instigateur de pareilles retrouvailles devait se sentir bien seul avec Keith dans les parages. Un peu démoralisé par les dernières conversations qui ne traitaient que de sujets mineurs du Grand Port, l'approche de Christian Teramyrh ramena le jeune Veriano à ses sens. Toi...

"Mes amis, j'apprécie votre venue. Désolé de n'être venu plus tôt, je me suis retrouvé à discuter avec d'autres convives !" Les gens s'écartèrent un peu pour lui faire de la place, et il s'y engouffra. "C'est la différence entre toi et moi, Christian -pensa Keith- Tu cherches l'attention des autres alors que les autres désirent la mienne." "J'espère que vous vous amusez !"

Keith déposa son verre en le faisant toquer contre le vois de la table. Faisant retourner les têtes vers lui. Lui qui regardait son ami Christian dans le blanc des yeux. Ce même Christian qui tira un bref instant une moue contrite en le voyant. Il n'avait toujours été qu'un faire-valoir en soirée pour Keith, et quand ce dernier lui avait demandé d'investir dans ses affaires, il était ravi d'y prendre part. Peut-être que Christian a suffisamment vécu grâce à mes idées, et qu'il est temps pour lui de réapprendre à marcher...? Les gens continuaient de le regarder, comme s'ils attendaient une réponse, ou un commentaire. Keith ne se sentait pas vraiment prêt pour ça, jusqu'à ce qu'il croise le regard de Charlotte, qui cachait son sourire derrière un éventail en dentelle. Cela le fit lui-même sourire. Un des autres invités l'incita.

"_ Monsieur Veriano, il paraît que votre hippodrome gagne de plus en plus en popularité auprès du bas peuple ! Cela doit vous rapporter des fortunes ! Keith comptait bien répondre, mais Christian l'interrompit sans se faire attendre.
_ Allons mes amis, il y a sûrement mieux à faire que de parler d'animaux qui tournent en rond ! Ce n'est, comme vous le dîtes, que pour le bas peuple ! Laissons cette activité puérile à ceux qui ne savent s'occuper autrement. Christain ria, et certains le suivirent. Keith fit claquer sa langue.
_ Tant qu'on est à parler d'occupation, Christian mon bon ami, n'aurais-tu pas quelques excuses à nous présenter ?
_ Pardon ?
_ Regardes autour de toi ! Pas de danses de salon, l'orchestre est dans un coin, et je n'ai vu aucun invité excentrique qui pimentent les choses !
_ Oh, je t'en prie Keith ! Il n'y a rien de mieux que des débats spirituels entre nous pour passer du bon temps !
_ Je pense qu'on peut débattre de la question, mais tes invités vont vite s'ennuyer. Et quitte à ne pas parler de mes chevaux, je veux bien qu'on me serve autre chose que tes petits fours."
Railla Keith en prenant les autres convives en témoin. "Ils sont si secs qu'on dirait l'avoine que je donne à mes bêtes de compétition !"

Charlotte comprit immédiatement et rit de bon cœur, inspirant d'autres Nobles. Christian essaye de répondre, mais son visage écarlate et l'hilarité présente l'incita à partir sans en rajouter. Keith sourit et continua de capter l'attention des personnes présentes.


*****


Du temps s'était écoulé, et depuis une petite estrade, Christian revint. Il était de nouveau calme et souriant, prédisposé à faire un discours, et des domestiques apportèrent des flûtes de champagnes à tout le monde. À ce moment, Keith cherchait du regard qui serait suffisamment vertueux pour placer de l'alcool dans sa main !
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Jeu 15 Aoû - 14:23

Le Noble et la Voleuse Mysora11

La porte de l'armoire s'ouvrit dans un grincement strident, laissant apparaître la tignasse rousse de Mysora qui se précipita aussitôt à l'extérieur. Informée des sinistres intentions de Christian, il lui fallait désormais agir rapidement avant que Keith ne puisse absorber une seule goutte du poison qui lui était destiné. Bien qu'intelligent et rusé, ce dernier n'avait aucune possibilité de déceler la présence d'une toxine inodore et incolore dans un verre et il était plus que probable qu'il ne résiste pas non plus à ses effets... Le livre de comptes ? Tant pis ! Avec les explications adaptées, son ami et employeur comprendrait très certainement son choix.

N'ayant plus une seconde à perdre, la voleuse se dirigea une fois encore vers les fenêtres de la pièce qu'elle ouvrit largement avant de s'engouffrer en-dehors de la bâtisse. Elle longea de nouveau la façade sans même se préoccuper de la possibilité d'une éventuelle chute puis rejoignit la salle qu'elle avait précédemment quittée. Elle récupéra la robe laissée au sol, réajusta son maquillage, puis réapparue devant sa camarade sans que celle-ci ne puisse soupçonner quoi que ce soit. Tout au plus s'était-elle inquiétée du temps que prenait la noble pour sa toilette mais la revoir suffisait à chasser tout ses doutes. Elles descendirent ensemble rejoindre l'assemblée et Mysora fut rapidement rassurée en constatant qu'aucun convive ne semblait avoir reçu sa coupe de champagne. C'est ce moment que choisirent les domestiques pour faire irruption plateaux en main, proposant leur boisson raffinée aux invités. Il était plus qu'improbable que le poison soit déjà en place dans l'une des flûtes, les chances que Keith sélectionne la "bonne" étant beaucoup trop infimes pour tenter une telle manœuvre. Non... Si l'on souhaitait l'empoisonner, il semblait évident que l'assassin devait s'assurer qu'il ingurgite le bon verre - ou dans ce cas précis, le mauvais !

Elle n'eut pas à chercher bien longtemps pour apercevoir Keith, toujours entouré de plusieurs curieux comme à son habitude. Attirer l'attention semblait inné chez lui... Rien de plus irritant pour la Demoiselle qui, de fait, souffrait indirectement du charisme du jeune noble. Sa popularité déteignait sur Mysora et il n'était pas rare qu'une personne s'intéressant au Maître Veriano s'intéresse également à elle. Maudit soit-il, ruminait-elle en l'observant de loin.

Soudain, son regard fut attiré par une silhouette qui ne lui était pas inconnue : celle de la belle femme aux cotés de Christian quelques minutes auparavant, qui venait d'aborder Keith et l'avait subtilement éloigné du groupe en s'armant de son plus beau sourire. Un échange cordial semblait avoir lieu mais bientôt, elle lui proposa sa coupe de champagne que le garçon accepta sans pour autant porter le liquide jusqu'à ses lèvres. Mysora n'attendit pas un instant de plus et se dirigea vers lui, tentant d'allier grâce et rapidité - il ne fallait pas attirer le regard tout en intervenant au plus vite. Profitant du départ inopiné de l'assassine, elle subtilisa la flûte de son ami une fois arrivée à sa portée puis approcha son visage de son oreille.

« Tu as mauvais goût, surtout en matière de femme. » railla-t-elle, espérant l'irriter. « Hormis me concernant, bien entendu. L’exception qui confirme la règle. »

Verre à la main, elle abandonna son partenaire lorsque ses yeux tombèrent, sans trop de difficultés, sur sa nouvelle cible. D'un pas assuré, elle avança en direction des tables ou étaient entreposées petits fours et autres amuses-gueule qui semblaient avoir attiré l'attention - et l'estomac - de l'assassine. Une fois à son niveau elle percuta volontairement celle-ci qui, sous l'effet de surprise, renversa le contenu de son verre sur le sol. L'ancienne coupe de Keith, quant-à elle, resta parfaitement intacte et pas la moindre goutte ne s'en échappa. "Quelle chance" se fit ironiquement remarquer Mysora tandis que sa contre-attaque prenait forme.

« Je suis confuse ! Pardonnez ma maladresse, il semblerait qu'elle m'ait encore jouer un mauvais tour... » s’excusa Mysora, sa main inoccupée venant couvrir sa bouche.

La femme tenta de cacher sa frustration derrière un faux sourire mais les traits froncés de son visage trahissait le véritable sentiment qui la traversait. Toutefois, celle-ci réussie malgré tout à répondre d'une intonation douce et dénuée de contrariété.

« Ce n'est rien, pas d'inquiétudes. Je vais aller me chercher un nouveau verre. »

« Prenez le mien ! Je suis navrée d'avoir provoqué ce petit incident. » proposa la voleuse, le contenant tendu vers l'inconnue.

« Merci, mais je pense plutôt... »

« J'insiste ! » l'interrompit Mysora. « Peut être serons-nous amenées à nous revoir à d'autres banquets et l'idée que vous puissiez ne garder de moi que l'image de ce déplorable incident m'attriste. Voyez-cela comme le verre de l'amitié. Une amitié future. » lui fit-elle remarquer, un sourire niais déployé sur son visage. « Je suis Mysora Veriano. Et vous êtes ? » se présenta-t-elle alors que son interlocutrice saisissait la flûte, acceptant sa proposition.

« Sur le départ, malheureusement. Votre hôte vient de monter sur l'estrade et, en tant que membre de sa famille, il serait malvenu de ne pas être à ses cotés lorsqu'il prononcera son discours. Merci pour le verre, nous nous reverrons certainement plus tard. » fit-elle avant de s'éloigner, portant le contenu jusqu'à ses lèvres avant de disparaître dans la foule.

Mysora abandonna son sourire avec soulagement. Satisfaite de son intervention, elle partit se positionner aux cotés de Keith afin d'écouter le discours de leur, désormais, ennemi.

« La fête va devenir mouvementée d'un moment à l'autre. Tes soupcons concernant Christian étaient fondés. J'ai été contrainte de modifier un peu nos plans. » chuchota-t-elle, vérifiant qu'aucune oreille indiscrète ne pouvait l'entendre.
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Sam 17 Aoû - 23:38

Ah le bellâtre. Brun, rasé de près, une tenue impeccable et vive en couleur ! Christian se démarquait dans la foule avec un certain panache, perché sur sa petite scène. Il souriait, il riait en regardant les gens. Apaisé et amusé. Son regard croise celui de Keith qui lui souriait en retour, et Christian lui fit un clin d’œil. Diverti par cette marque d'affection, Keith se montra attentif à l'hôte de la soirée. Les domestiques, quant à eux, firent leur office la plus impérieuse en disposant dans la main de chaque invité un verre. Quelques autres nobles voulurent rire de cela et se penchèrent sur l'héritier Veriano.

"_ Tout cet alcool, il veut nous saouler ma parole !
_ Au contraire, mon bon monsieur, c'est sa parole qui nous saoulera, si vous me pardonnez ce jeu de mot !
Aussitôt, une hilarité se souleva autour de Keith et des gens se rapprochèrent de lui, et les questions fusèrent alors que Christian cherchait à gagner l'attention de la foule. Sa foule.
_ Monsieur Veriano, est-ce vrai que vous êtes l'associé de monsieur Teramyrh, notre hôte ? Demanda une Dame
_ C'est exact, il a participé à l'achat de matières premières et de main d’œuvres dans mes projets, tel que l'hippodrome.
_ Oh, vous devez être proche alors !
Répondit une autre Dame
_ Suffisamment pour me permettre quelques boutades à son sujet. J'espère que vous ne m'avez pas trop pris au sérieux juste avant ! Christian est un bon ami et un bon partenaire commercial !"

La conversation dura encore un peu, temps qui fit de Christian même l'homme le plus impatient de la soirée. Ses rides se prononçaient et son mécontentement était visible. Sauf pour Keith, qui était ravi d'attirer l'attention sur lui ! Qu'importe où il mettait les pieds, il se devait de devenir un centre d'intérêt, d'éveiller les convoitises. Connaître un Veriano devait être un synonyme de réussite sociale, et pour cela, il fallait s'élever davantage lui-même ! N'en déplaise à certaines personnes... D'ailleurs, à force d'attirer l'attention, une femme qu'il connaissait de vue s'approcha de lui. Sa toilette laissa un peu à désirer, son sourire était certes charmeur, mais Keith se laissa rapidement attirer en la voyant lui tendre une coupe. Cette même femme, il l'avait déjà vu aux côtés de Christian, mais jamais elle ne lui avait montré un visage aussi avenant. Et encore moins elle prononça avant cette soirée des paroles aussi douces. Keith comprit de suite qu'il y avait anguille sous roche ! Je sens qu'elle va vouloir me faire du charme pour que j'accepte un contrat désavantageux avec Christian. Pitié pas ça... Un peu d'estime pour ma personne ! On croirait une Mysora de seconde zone !

Et contre toute attente, elle se volatilisa presque immédiatement, prétextant qu'elle devait retourner vers Christian, mais qu'elle espérait le revoir après. Keith resta avec son masque souriant, tout en se posant des questions sur ce qu'il pouvait bien se tramer ici. Perdu dans ses réflexions, il ne vit pas sa rousse de gouttière approchée pour lui piquer son verre. Il l'écouta alors qu'il était revenu à lui, et répondit avec un visage radieux.

"Tiens, Mysora ! Je pensais à toi justement. Tu passes une bonne soirée ? As-tu trouvée un prétendant ?"

Trop de monde autour de lui, et il n'avait pas la vivacité de son amie pour murmurer à l'oreille des gens sans attirer l'attention. Aucune possibilité pour lui demander ce qu'elle faisait là, où elle en était dans sa mission ou... Bon, Mysora repartait déjà. Keith avait une pleine confiance en la voleuse qui l'accompagnait, et se doutait que si elle faisait tout ça, c'est qu'elle venait de découvrir quelque chose. Il resta donc là, un peu à l'écart, pour observer la fête et par miracle, personne ne vint l'aborder alors qu'il était seul depuis une dizaine de seconde. Sa main en profita pour attraper une autre coupe pour faire comme tous les autres invités. Il surveillait surtout Mysora, et elle était trop loin pour l'entendre, mais lorsqu'elle revint, l'air qu'elle arborait aurait presque fait frémir Keith s'il ne l'avait pas déjà vue. Elle est en chasse... Il lui parla à voix basse pour qu'elle seule entende, tout en gardant son sourire si habituel sur ses lèvres, pour les autres convives.

"Dis moi juste que par modifié, tu veux dire que tu as déjà accompli ton rôle et fait un bonus comme voler des documents compromettants pour lui ?"

Non. Le jeune Veriano savait très bien que non. Mysora l'aurait sûrement brandi en avant sinon. Ou au contraire elle l'avait accompli et lui faisait croire l'inverse pour la taquiner ? Mysora savait pourtant qu'il n'avait aucune patience quand le travail rentrait en ligne de compte, alors non... Et alors qu'il espérait une réponse, la musique se tut et la voix de Christian se réverbéra sur tous les murs.

"Chers amis ! Mes précieux amis et collègues, je vous remercie d'être venu si nombreux ce soir afin de profiter ensemble d'un moment de détente ! Je n'ai pas souvent l'occasion d'ouvrir ainsi les portes de ma villa, et je suis ravi d'avoir pu le faire en votre compagnie ! Nous nous sommes réunis pour tisser de solides amitiés, et présenter un front uni, pour épauler notre bon roi ! Nous avons la chance d'être dans un pays prospère et magnifique ! Certes des monstres rôdent, mais rien que l'on ne puisse vaincre ! A la Noblesse ! Au roi ! Pour Aryon !"

Christian souleva sa coupe, incitant chaque personne à en boire, mais c'est son amie qui chuta.

La foule retint son souffle. Christian se tourna vers son amie, qui était au sol. Son visage était rouge, le cou gonflait et des spasmes l'agitèrent. La surprise saisit les convives, dont certains essayèrent d'aider par leurs prouesses médicinales la pauvre Dame, mais en vain. Très vite, elle cessa de s'agiter, et de l'écume blanche fuit ses lèvres telle la vie de son enveloppe.
Des gens hurlèrent, d'autres restèrent plus sobres. Beaucoup détournèrent les yeux, et se cachèrent la bouche. Un manteau atterrit bien vite sur le visage inerte de la Dame qui lui avait donné un verre. Ce verre... Mysora me l'a prit et... Keith fit toutes les connexions en un battement de cœur. Elle venait de lui sauver la vie ! Mais l'heure n'était pas aux remerciements. Il s'avança de quelques pas, aucune once de joie n'anima les traits de son visage alors qu'il chercha le regard de Christian. Quand il le croisa enfin, Keith bu dans sa coupe. Il se lécha les lèvres. Et agita les lèvres lentement sans prononcer un seul mot.


Tu... Es... Mort...


Christian eut un sursaut d'effroi, avant de regarder à nouveau le corps de la femme à ses pieds. Keith se retourna, laissant la coupe tomber par terre. Il se dirigea résolument vers Mysora et la prit dans ses bras. Devant les circonstances, c'est normal pour un membre de la famille de se montrer protecteur, je n'éveillerais pas les soupçons. Alors qu'ils étaient isolés, Keith murmura à l'oreille de la rousse.

"Écoutes-moi bien Mysora, entama-t-il sur un ton glacial, Christian mourra, mais pas avant que je n'ai découvert tous ses secrets, et que je n'ai obtenu des compensations." Keith marqua un temps, plus pour chercher à se calmer de son sang qui bouillonnait. Un ami venait de chercher à l'assassiner. "Il ne vivra pas longtemps dans la crainte de ma vengeance. Notre vengeance. Tu m'as sauvé ce soir. Je t'en remercie." Keith redressa les cheveux de feu de son amie et l'embrassa sur le front. Le geste avait beau être affectueux, le regard du jeune homme n'exprimait que chagrin et colère. "Ce n'est qu'une étape. Tu as carte blanche."
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Mar 20 Aoû - 20:39

Le Noble et la Voleuse Mysora11

La soirée venait de virer au drame. En l'espace de quelques secondes, l'attention des invités s'était détachée de Christian pour se focaliser sur un incident proche de lui : une femme venait de s'écrouler, verre à la main, et d'étranges symptômes firent leur apparition sur son corps de manière empirique jusqu'à sa mort, aussi rapide que saisissante. Il ne fallut pas attendre bien longtemps pour que les premiers hurlements se fassent entendre. Certains individus, probablement médecins ou possédant des pouvoirs guérisseurs, continuèrent tant bien que mal à lutter pour sauver la vie de l'inconnue mais, hélas, le poison fulgurant ne lui avait pas laissé l'ombre d'une chance. Ce soir, il n'y aurait pas de héros...

Mysora, restée distante de la scène, retenait avec la plus grande difficulté un rire moqueur. Il ne fallait en aucun cas compromettre sa couverture même si la situation se révélait d'une grande hilarité, à ses yeux. L'assassin assassiné, le comploteur démasqué, l'ami devenu ennemi... Une si belle occasion de narguer Keith venait de lui passer sous le nez ! Elle trouverait néanmoins le temps de rattraper cet opportunité une fois loin du tumulte ; il n'y avait rien de plus agréable que d'essayer de le pousser à bout.

En parlant du loup, le noble venait de lâcher son verre pour se diriger vers la jolie rousse, la serrant dans ses bras afin de profiter de leur proximité pour un échange professionnel. La tragédie toujours dans les esprits de chacun, ce comportement pour le moins impromptu semblait finalement parfaitement adapté à la situation. Nul ne leur porterait d'attention, trop occupés à satisfaire leur curiosité ou à rassurer leurs proches.

Keith prit enfin la parole à voix basse, son intonation glaciale trahissant une véritable déception. Un ami souhaitait sa mort... Non, pire encore que souhaiter, son ami était passé à l'acte ! Une réalité sans doute bouleversante pour le gentilhomme qui laissait néanmoins Mysora de marbre. Ce genre de sentiments importaient peu pour la voleuse, souhaitant uniquement résoudre ce conflit de la manière la plus prolifique qui soit pour son partenaire et patron. Elle n'attendait pour cela que deux mots, deux simples mots qui, de la bouche du noble, sonneraient à ses oreilles comme une véritable délivrance. La façon la plus efficace qui soit de déverser un soupçon de ce flot continu de haine qui transcendait son corps...

« Tu as carte blanche. » prononça-t-il finalement à la grande satisfaction de son amie.

« Ce serait un supplice d'hériter du domaine Veriano et de tout ce que ton héritage représente. » se contenta-t-elle de souffler, la prochaine étape de sa mission déjà en tête. « Raccompagne moi jusqu'à nos chevaux, je m'occupe du reste. »

Elle se libéra partiellement de l'étreinte en plaçant subtilement le bras de Keith autours de sa taille puis vint légèrement se blottir contre lui, arborant une mine horrifiée, tout en avançant en direction de la sortie. Il leur fallut alors se frayer un chemin parmi d'autres invités ayant visiblement prit la même décision, mais ils arrivèrent finalement devant l'entrée du domaine où les domestiques leur apportèrent leurs chevaux dans la hâte. Ils ne prirent même pas la peine d'aider les deux cavaliers, bien trop occupés à répondre aux exigences des dizaines d'autres nobles mécontents...

Le duo reprit enfin la route du retour mais, une fois hors de portée des regards, se détourna bien vite du chemin afin de faire une halte dans une rue sans fréquentation. La voleuse mit alors pied à terre, fouilla les sacoches présentes sur sa monture et en sortit une tenue sombre simple composée d'une tunique, d'un pantalon, d'une paire de bottes et d'un masque intégral. Sans gêne aucune, elle ôta son accoutrement et enfila ces nouveaux vêtements, bien plus adaptés à ce qui allait suivre. Après avoir réajusté son pantalon, elle noua ses cheveux et enfila le masque puis, moqueuse, s'adressa une dernière fois à Keith.

« Je vais de ce pas porter votre invitation à votre ami. Je suis persuadée qu'il sera ravi de vous revoir en parfaite santé. » railla-t-elle en donnant la révérence, mimant une robe inexistante.

Sans même lui donner la moindre explication, elle s'évapora dans l'obscurité. La soirée venait véritablement de débuter !


Le masque:
 
Keith Veriano
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Mer 21 Aoû - 21:26

Quand il serrait Mysora contre lui, Keith vit bien dans ses mimiques que la situation la divertissait. Elle trouvait cela amusant que quelqu'un soit mort, car Keith en était une victime morale. Le jeune entrepreneur n'avait jamais dévié de ses principes à ce point. Au final, il ne sentait pas responsable de la mort de la femme qui accompagnait Christian, même si elle décéda pour lui sauver la vie en quelque sorte. Keith aurait pu névroser ainsi pendant des heures, mais il se souvenait également qu'ils avaient déclenchés les hostilités Que Mysora n'avait que réagit à la menace en l'éliminant. Et bien que la situation avait complètement échappé au contrôle du jeune homme, il se força à s'y adapter. C'était l'univers de Mysora, pas le sien. Ils évoluaient de concert, offrant ce quelque chose à l'autre qui leur permettait d'avancer. Et apparemment... Il avait enfin la résolution d'arpenter le monde de la Rousse. Enfin, il était décidé à...

Ses membres tremblaient, autant de fureur que de peine l'animèrent, dans une déferlante de passion. Il cru spontanément son amie lorsqu'elle disait ne pas vouloir son héritage, et ils sortirent. Là où Keith n'avait pas besoin de faire semblant d'être mal en point, il trouva la performance de Mysora très convaincante, malgré ses émotions. Gardes la tête froide. Ce n'est pas le moment de se laisser aller. Des gens pouvaient le remarquer dans la foule, ou encore l'aborder. Keith se mit à calculer dans sa tête, pour éviter tout risque de perte de contrôle. Trouver les chevaux. Raccompagner Mysora. Trouver la bonne marche à suivre. Femme morte. Christian vivant. Enquête de la garde. Christian allait mourir, il devait donc trouver le moyen de récupérer ses parts. Oui... La comptabilité Veriano ainsi que celle des Teramyrh. Keith pourrait en tirer avantage.



Peu après leur chevauchée, et une fois à l'abri des regards, Mysora se changea et une fois encore, il vit de la satisfaction en elle. Prête à chasser, à tuer, à truander... Tout ça pour Keith. Ce dernier s'était déjà demandé s'il devait se sentir responsable de tout ce que faisait Mysora pour lui, qu'il le lui demande ou non. Était-ce sa faute à lui si elle devenait de plus en plus criminelle pour satisfaire ses émotions ? Keith y réfléchissait beaucoup, et la réponse était toujours Oui. Avant que Mysora ne mette son masque, et alors qu'il la surplombait depuis son cheval, il laissa échapper avec un ton morne : "Une beauté macabre." Une femme dangereuse mais dont il avait eu la chance de trouver et de garder à ses côtés. Il se trouvait du bon coté de la dague. Avant que sa voleuse ne finisse de se changer, il profita de leur solitude pour lui donner des explications.

"Les deux livres que je t'ai demandés m'intéressent d'autant plus. Avec leur livre de comptes et le nôtre, je pourrais être en mesure de prouver une escroquerie et demander réparation avant même que sa famille n'ait le temps de se disputer pour l'héritage. Ils n'auront qu'à se partager les miettes." Keith déglutit. Il venait de se rendre compte qu'il parlait de Christian comme s'il était déjà mort. D'un autre côté, la belle Veriano était à ses trousses désormais. Autant le considérer ainsi. Il reprit de l'assurance. "J'ai demandé à Rahan de nous envoyer un carrosse, avant de partir. Je vais l'intercepter et le conduire moi-même jusqu'ici. Retrouves-moi là avec Christian. Vivant. Le reste de son état m'importe peu. Je vais préparer ta salle."

Et elle ne résista pas. Il le savait. Impossible qu'elle laisse une telle occasion passée, il fallait qu'elle se moque de lui, de la situation. Il ne prit pas cela mal, juste un claquement de langue. Certes que cela devait être une belle soirée pour elle. Un meurtre, un kidnapping, du vol, une façon de se moquer de son employeur. De quoi troquer sa belle toilette de cérémonie pour une qu'elle appréciait davantage. Keith la regarda partir où ses yeux ne pouvaient plus la suivre, et fit faire demi-tour à son cheval, embarquant le reste des affaires de Mysora et de son destrier. Il rentra. Quel masque grandiloquent... Et c'est moi l'arrogant.


Le retour au manoir fut mouvementé. Keith ne perdit pas de temps, il devait éviter de louper le départ du carrosse. Il n'allait pas non plus maudire la professionnalisme de son intendant, mais ce soir, cela ne l'arrangeait pas. Au final, il arriva alors que Rahan donnait ses instructions au cocher et à deux autres employés. Keith leur fit signe et les interrompit. Emilia vint à la rencontre du Maître Veriano qui revenait seul, avec deux chevaux. Parlant d'une voix forte, il s'adressa à Rahan et Emilia.

"Renvoyez tous les domestiques chez eux. Je donne à tout le monde sa journée de demain. Vous aussi, tous les deux. Ce soir, je vais faire des cauchemars. Je n'ai aucune envie d'imposer cela. Est-ce clair ? Je ne veux personne !" Il mit pied-à-terre et se dirigea vers ses deux domestiques les plus dévoués. "Que l'on s'occupe de ces deux chevaux, et qu'on me change le carrosse. Je veux celui sans nos armoiries. J'irais chercher Mysora moi-même." Il leva aussitôt les mains pour calmer les questions qui pointaient. "Je vous raconterais bien tout, mais vous allez sûrement découvrir ce qu'il s'est passé à cette soirée demain, pendant votre jour de repos. Aller, ce soir je ne veux plus voir personne. J'ai besoin de temps pour moi."

Emilia contre-argumenta, mais le jeune homme se montra sec et inflexible. Ce soir, le domaine Veriano sera paisible. En attendant que les employés quittent les lieux, Keith se servit un verre. La patience savait étreindre Keith, et pourtant... Il était nerveux. Très. Trop. C'était insupportable. Il se donna un coup sur la poitrine. Calme-toi saloperie ! Les employés mirent un peu de temps avant de tous partir, mais au final, il put partir à son tour retrouver Mysora avec le carrosse qu'on lui prépara.
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Dim 25 Aoû - 16:52

Le Noble et la Voleuse Mysoco11


L'obscurité ne semblait pas gêner la voleuse dans ses déplacements, cette dernière arrivant rapidement à l'endroit qu'ils venaient de quitter quelques minutes plus tôt. Elle put apercevoir de loin certains invités restés sur place malgré les événements lugubre de la soirée ainsi que plusieurs domestiques, toujours aussi débordés par les innombrables tâches qu'ils se voyaient confier. Sans se préoccuper de la foule, elle décida d'escalader l'une des parois de la bâtisse lui offrant les meilleures prises et, lorsqu'elle eut atteint le premier étage, longea les murs jusqu'à la fenêtre qu'elle avait précédemment laissée ouverte. Elle s'y engouffra avec la plus grande discrétion, s'assurant au passage de la non-présence de Christian dans son lit avant de s'approcher de la porte. S'équipant d'un tendeur, d'un crochet et de beaucoup de chance, la rouquine n'eut pas grande difficulté à déverrouiller celle-ci sans même que le serviteur censé la protéger n'en soit alerté... Celui-ci fut d'ailleurs rapidement assommé par un violent coup sur l'arrière du crâne, le laissant inerte au sol sans qu'il n'ait le temps de comprendre d'où venait l'agression ! La demoiselle considéra le déplacement de son corps comme une perte de temps et se contenta de l'enjamber ; elle continua alors son chemin dans le long corridor en espérant trouver rapidement Christian et, si possible, seul.

Une dizaine de mètres seulement suffirent à réaliser l'un de ses souhaits : l'individu discutait dans une pièce à peine plus loin, la voix tremblante, mais il était difficile de croire qu'il entretenait une conversation seul. Mysora n'eut pas l'occasion d'en entendre le propos mais elle crut distinguer le nom des Veriano ressortir à plusieurs reprises. Sans doute était-il en train de concocter un plan d'urgence pour remédier à ses nouveaux problèmes ? Si c'était le cas, il n'aurait pas le loisir de les mettre à exécution... L'assassine décida de s'approcher doucement de l'entrée de la pièce afin d'en apercevoir l'intérieur mais avant d'en avoir la possibilité, elle sentit un frisson parcourir son échine et deux bras vinrent violemment l'encercler, l'empêchant de se mouvoir.

« MONSIEUR ! Ils sont ici ! » cria une voix derrière elle tout la maintenant dans son étreinte.

Deux hommes sortirent de la pièce précipitamment. La noble reconnu sans grande difficulté l'ancien ami de Keith, sa cible, accompagné par un jeune homme dont le visage ne lui était pas inconnu... Christian, sans même prendre le temps de découvrir le visage de son assassin, sortit une dague de sa poche et tenta d'asséner un coup à la voleuse. Retenant sa force jusqu'alors, elle réussit à surprendre l'individu derrière elle en le faisant légèrement pivoter sur le coté, se servant de lui comme d'un bouclier humain. Sous l'effet de la douleur, sa prise se fit moins puissante et elle utilisa cette opportunité pour lui asséner un violent coup de coude dans l'estomac. Elle l'acheva en visant à l'aide de son pied ses parties génitales, s'assurant ainsi qu'il ne se relèverait pas avant un bon moment. Christian voulut profiter du manque d'attention que Mysora lui portait pour asséner un second coup, mais elle n'eut pas grand mal à esquiver celui-ci et fractura brutalement son poignet en voulant simplement le désarmer.

« Oups. » commenta-t-elle simplement tandis que sa victime maintenait la zone meurtrie de sa main viable. « Vous êtes beaucoup trop fragiles, vous les nobles. »

« Vous... Vous êtes au service d'un m-m-meurtrier ! » fit alors remarquer le garçon resté en retrait, une petite lame dans ses mains tremblantes. Il tendit brusquement l'arme lorsque la demoiselle fit un premier pas vers lui puis ferma les yeux. Il rouvrit finalement ces derniers quelques instants plus tard, étonné de constater sa survie et l'absence de son couteau entre ses doigts.

« Je sais qui tu es, peureux ! » révéla Mysora, ayant profité de l'occasion pour se déplacer derrière lui. Elle rigola un instant après qu'il eut sursauté puis déposa sa tête sur l'épaule du jeune homme pour venir souffler délicatement sur sa joue, s'amusant de la peur qu'elle inspirait chez le pauvre garçon dont les tremblements reprirent de plus belle. « Tu es un domestique du domaine Veriano. Je te reconnais. Tu agis contre eux. J'imagine que détestes être à leur service. Tu hais certainement l'un d'eux. De qui s'agit-il ? Du père ?... Du fils ?... De la fille ? »

Il déglutit.

« Ah ! Il s'agit donc de la fille ? » en déduit-elle. « Et pour cette raison, tu as jugé que la meilleure façon de lui faire payer était de les trahir ? Tu sais de quelle manière les Veriano punissent-ils la trahison ? »

Elle le força à se retourner, posa la dague sous son cou puis trancha l'air d'un geste rapide. Le pauvre n'eut même pas le courage d'hurler et se contenta de reculer, posant sa main sur sa nuque afin de contenir une éventuelle perte de sang... Avant de se rendre compte qu'il n'avait pas été blessé.

« Je n'ai pas utilisé le coté tranchant, abruti. Mais je ne me tromperai pas la prochaine fois... A moins que tu rendes utile. Tu sais ou ce mécréant pourrait cacher son livre de comptes ? Si c'est le cas, rapporte le moi en vitesse et je t'épargnerai. N'envisage pas de t'enfuir ou d'alerter la garde, je t'assure que je saurai te retrouver avant même que tu ne quittes la capitale. Ah, et promis, je ne raconterai à personne que tu mouilles encore ton pantalon... » lui fit-elle remarquer, hilare.

Mysora bâillonna sa victime après avoir arraché l'une des manches de son vêtement. La voleuse sortit ensuite quelques cordelettes de ses besaces et l'attacha avec précaution, s'assurant qu'il soit toujours capable de marcher puis noua finalement l'une d'elle autours de son cou, s'en servant comme une laisse. Il serait bien plus pratique de le transporter ainsi ! Elle assomma le premier agresseur qui tentait lamentablement de se relever puis s'installa sur son dos dans l'attente du garçon. Celui-ci réapparu finalement au bout de quelques minutes en courant, un livre à la main qu'il tendit en direction de l'assassin.

« J-J'ai ce que vous m'avez demandé ! Je n'ai rien dis à personne ! »

« Parfait. » se contenta-t-elle d'ajouter tout en se relevant, venant saisir délicatement la tête du jeune homme pour la cogner subitement contre le mur le plus proche, l'étourdissant. « Bonne nuit ! »

Suivie de prêt par sa victime, elle reprit le même chemin qu'à son arrivée. L'obligeant à passer par delà la fenêtre, elle le propulsa d'un violent coup de pied afin qu'il atterrisse dans des buissons, plus bas. Malgré son mécontentement, elle s'obligea à faire de même pour éviter qu'il ne prenne la fuite puis reprit en main la cordelette, le guidant en direction d'une sortie annexe. Après s'être assurée qu'elle n'était pas suivie, elle retourna en direction du point de rencontre et y aperçut un carrosse. Aucune armoirie n'y était peinte, mais elle devina qu'il ne pouvait s'agir que de son partenaire. Elle s'approcha alors et ouvrit l'une des portières avant de présenter sa proie, beaucoup moins amochée qu'on aurait pu l'espérer...

« Vous avez demandé un mort en sursis ? »
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Lun 26 Aoû - 17:48

Sur le chemin qui menait au point de rendez-vous, Keith eu du temps pour réfléchir. Il avait bien sûr prit le soin de changer ses vêtements, pour quelque chose de plus discret. Un long manteau et un chapeau sous lequel il cachait ses incroyables cheveux soyeux. C'était une belle lune pourtant. Il ne voulait que s'amuser ce soir-là, discuter avec des gens, prendre plusieurs verres, danser un peu... Il pensait travail, évidemment, il avait prit Mysora avec lui. Les soirées mondaines étaient souvent plus intéressantes sans elle, à son grand soulagement. Et ce soir, heureusement qu'il la voulait avec lui. Etait-ce le pouvoir de son ami qui l'avait sauvé ? Sa chance l'aurait impacté ? Peut-être. Avec quelques pots-de-vin et un peu d'intimidation, il pourrait faire porter le chapeau à quelqu'un si on se rend compte que c'était un assassinat. Ce qui sera sûrement le cas avec la disparition pure et simple de Christian. Drôle de sentiment. Il le voyait déjà comme une personne morte. Non... Non c'est faux. Il voulait s'en convaincre, mais il n'y arriverait pas. Pas en lui faisant face. Keith savait qu'il se sentirait mal en le regardant dans les yeux.

La colère, le chagrin, les suppliques, les injures... Veriano s'imaginait tout ce qui allait s'ensuivre, sans vraiment pour voir s'en empêcher. Son coeur le serrait. Ses réflexions s'embrouillèrent. Ses émotions boursouflées par l'appréhension lui donnaient des vertiges. Mais une pensée parmi tout ce maelström, toutes cette explosion de paradoxes en son âme, une pensée le gardait en alerte, et il la murmura entre ses dents. Sa voix l'ancrée à la réalité.


"Il a voulu me tuer."


Une fois sur place, il n'eu pas à attendre longtemps, avant que la carriole ne soit bousculée par son amie et son colis. Keith ne dit rien, il regarda à peine le masque de Mysora, il savait que c'était elle, et sa voix... Il ne décrocha pas un mot et fit avancer le véhicule. Toujours personne dans les environs, ils n'allaient pas non plus s'éterniser ici. Keith servait de simple cocher dans cette sinistre affaire, mais leur sécurité valait bien cela, et pour dire vrai... L'air frais faisait du bien au jeune entrepreneur. Il savait qu'il ne pourrait pas compter sur Mysora pour le comprendre dans ces moments, et ses essais de consolations par le passé était aussi rare qu'infructueux. Non, il savait comment la soirée allait se terminer. Et étrangement, ce serait comme beaucoup d'autres. Keith aura un verre à la main, et s'endormira comme une loque, avant d'être réveillé par ses cauchemars. Sinistre, c'est le mot.

Une fois arrivé au manoir désert, Keith fit descendre ses deux amis. Il ne voulait pas parler, il ne savait pas comment serait sa voix. Il se racla la gorge avant de se forcer à être ferme.

"Emmènes-le dans ta cave, je vais désarçonner les chevaux."

Il n'allait pas en plus maltraiter ses bêtes. Ou peut-être qu'il voulait juste retarder ce moment ? Les deux hypothèses sont probablement vraies. Le carrosse resterait dans la cour. Une fois les animaux libérés de leurs obligations, il emprunta la même porte dérobée qu'avait utilisé Mysora pour descendre à la cave. Une pièce où seul eux deux avaient le droit de se rendre, et dont la plupart du personnel en ignorait l'existence. En bas, il trouva une rousse et un brun. La pièce était plutôt grande et des bougies éclairaient l'endroit sans lumière naturelle.

Keith entra sans rien dire. Il jeta son manteau dans un coin sur une commode, et posa son chapeau par-dessus. Sa main empoigna une chaise qu'il traîna jusqu'à devant Christian, et il s'assit dessus.

"Keith, je ! Je ne sais quoi te dire, c'est un malentendu !"

Bien. Le jeune Veriano ne serait pas le seul à avoir la voix tremblante. Entendre son ami parler lui serrait la gorge. Keith essaya d'ailleurs de répondre, mais au lieu de cela, il détourna le regard un instant, papillonnant des paupières, expirant longuement. Il lui fallut quelques secondes pour se calmer. Christian avait des eux suppliants, c'était pathétique, mais si... Keith posa ses mains sur les joues de son ami. Délicatement. De son pouce, il lui caressa la peau. Keith dû parler à voix basse, car il cherchait à étouffer un sanglot en même temps.

"Si Humain..."

Une larme coula le long de la joue de l'entrepreneur. Encore une fois, son regard parti ailleurs, ne supportant plus les yeux désespérés de Christian. Quand ce dernier entreprit de reprendre la parole, Keith referma ses doigts sur sa mâchoire, l'incitant à ne rien ajouter.

"J'ai besoin d'un peu de temps pour me calmer. Je suis désolé Christian, je sais que c'est pas une situation facile pour toi. Mais je n'ai pas eu l'occasion de me préparer à ceci."

Keith relâcha la pression sur ses mains, mais les garda sur le visage de son ami. Parfois, il resserrait son étreinte sur les traits de l'autre homme, qui couinait alors.

"_Comment Christian ? Pourquoi as-tu voulu m'assassiner ? En m'envoyant cette femme et son poison ?! Depuis combien de temps pensais-tu à m'éliminer ?!
_ Keith, je peux t'expliquer ! Elle a agi sans mon accord ! Il n'a jamais été question de te tuer ! Je te le jure mon ami !"


Keith se crispa. Dans son esprit, il disait ami par commodité, mais maintenant que lui l'appelait ainsi... Non ! NON ! Le jeune Veriano se leva brusquement en frappant Christian au visage.

"Traître, menteur ! Être abject et misérable ! Je te regarderais tomber."

Keith le jeta au sol pour appuyer sa botte sur la gorge du traître. Son souffle était court, il n'avait pas l'habitude de s'exciter autant. Cela ne lui ressemblait pas. Il parlait. Il regardait. Il ordonnait. Mais il ne faisait que rarement. Oui. Quelqu'un avec plus d'expériences, plus d'habileté, et surtout... Keith se retourna vers Mysora en le libérant du joug de son pied. Surtout moins de remords. Il s'approcha de sa rousse de compagnie, et lui prit le visage dans ses mains. Les yeux de Keith ruisselaient de larmes. Il savait très bien qu'elle se moquerait toujours de ça, mais il cherchait un peu de réconfort dans cette nuit. Ses mains tombèrent jusqu'aux épaules de son amie. Sa véritable amie dans cette pièce. Et il souffla des mots qu'il ne pensait pas à dire, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie.

"Mysora, tortures-le. C'est un ordre."

Et il la libéra de ses mains, prêt à retourner s'asseoir et ne pas perdre un instant de ce qui allait se passer. Il 'était peut-être la victime d'un concours de circonstances, mais c'est lui qui prit la décision finale. Il ne pouvait détourner les yeux de ce qui allait se passer.
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Jeu 29 Aoû - 14:27

Le Noble et la Voleuse Mysoco11

[HrP : j'ai essayé d'être le plus light possible concernant la torture. S'il s'avère que ça reste "trop", je peux essayer d'en retirer le maximum !]

Une fois à l'intérieur de la carriole, Mysora enjoint Christian à la rejoindre en tirant légèrement sur la cordelette tendue, la resserrant lentement sur la gorge de sa pauvre victime. Celle-ci n'eut d'autre choix que d'obéir et, malgré des protestations inaudibles, se retrouva bientôt assise sur l'une des banquettes du majestueux carrosse. Keith, reconvertit en cocher pour cette occasion, mit alors en marche le convoi en direction du domaine Veriano, laissant chasseur et proie profiter pleinement d'un long tête à tête relativement silencieux - après de longues minutes passées à geindre, l'ancien ami de Keith semblait avoir retrouvé un semblant de contenance et s'était tout simplement tût.

Ils furent très rapidement arrivés à destination, n'ayant rencontré aucun obstacle en chemin à cette heure tardive. Après avoir ouvert la porte de l'attelage, elle fit descendre son compagnon de route de la même manière qu'à son domicile sans réellement se préoccuper de l'avis du maître des lieux. Traiter avec respect un traître de son envergure ne semblait plus la priorité de son patron et la voleuse n'allait certainement pas lui en accorder de son plein gré. Posant pied à terre, elle releva l'homme en l'agrippant par les cheveux puis, sous les ordres de Keith, l'emmena dans une section gardée secrète du manoir. Sur place, elle profita de l'absence de son ami pour brutaliser le jouet, évitant ainsi toute future tentative d'évasion de sa part : sous l'effet de l'adrénaline, certains êtres humains pouvaient se révéler un peu trop imprévisibles... Une fois que ses forces l'eurent visiblement abandonnées, l'assassine n'eut alors aucun mal à attacher le supplicié à la chaise destinée à accueillir les morts en sursit. Elle ôta le morceau de vêtement qui lui couvrait la bouche puis vînt allumer les nombreuses bougies présentes dans la pièce afin de fournir un éclairage décent - il n'était pas agréable de pratiquer la torture dans le noir complet ! Puis, lorsqu'elle eut rejoint son souffre-douleur, elle se décida à enfin retirer le masque qui dissimulait son visage. Visiblement, Christian ne fut qu'à demi surprit par cette révélation...

« Je... J'avais des soupçons sur tes origines, mais de la à m'imaginer... A m'imaginer... » peina-t-il à dire, la respiration rendue difficile par les événements qu'il venait de traverser. « Quoi qu'il te propose... Je t'offre le double. Le triple. »

Impassible, Mysora réagit à ses paroles en s'approchant de lui avec une féminité qui détonait dans la situation présente. Elle posa ses deux mains sur les genoux de sa victime, rapprocha son visage et planta ses yeux dans les siens. Cette proximité lui permettait de sentir la chaleur produite par son corps en souffrance, le souffle chaud qui se dégageait de ses orifices et les larmes qui trahissaient le désespoir qu'il tentait de dissimuler sous le peu de confiance dont il faisait preuve... De longues secondes passèrent ainsi sans le moindre échange entre eux. Elle attendait, simplement. Le moment n'était pas encore venu. Sa volonté, bien que faible, était encore vivace... Il fallait l'anéantir et, pour cela, elle n'attendait plus qu'un seul signe de faiblesse de sa part.

Ne supportant plus le regard oppressant de la demoiselle, il baissa enfin les yeux. Elle eut un léger rictus.

« Il m'offre ta mort. » répondit-elle finalement, provoquant un sanglot chez son interlocuteur. Il n'y avait désormais plus d'espoir pour lui.

Echec et mat.

Keith fit son apparition un instant plus tard. Après s'être assit en face de son ancien collègue, un échange étrangement calme eut lieu entre eux. Il n'était bien évidemment pas étonnant d'entendre Christian clamer son innocence ou mettre en relief leur amitié afin de se sortir de sa situation. Cependant, l'issue de la discussion semblait avoir été décidée avant même qu'elle n'ait eu lieu : si le mauvais caractère de Mysora était légendaire, elle ne pouvait cependant pas prétendre être aussi têtue que son partenaire... Ce dernier avait décidé que son ami mourrait cette nuit sous la torture, et c'est sous la torture qu'il mourrait.

Le dernier échange provoqua un excès de fureur étonnant chez le Veriano qui frappa sa victime au visage, le propulsant violement au sol sous le regard surprit de la jeune femme. Il se tourna ensuite vers elle, s'avança et vint encadrer son visage à l'aide de ses mains tendit qu'elle tentait d'assimiler la scène à laquelle elle venait d'assister. Après voir scellé le destin de Christian, il vînt finalement se rassoir sur sa chaise et prit la décision d'assister à la torture. Elle ne le dissuada pas. Désespéré, l'autre homme hurlait des injures à l'encontre des tortionnaires. Il fut réduit au silence lorsque son visage fut écrasé sous la botte de Mysora. Son imagination dans cette activité était un peu rouillée, aussi lui fallait-elle un peu de calme pour décider de la suite des opérations...

D'interminables secondes plus tard, elle ôta finalement son pied puis remit la chaise à sa position initiale. Elle s'équipa alors d'un chiffon et nettoya le sang présent sur le visage du noble afin d'éviter que sa vision soit obstruée. Puis, en totale opposition à la "douceur" dont elle venait de faire preuve, elle se mit à frapper sa victime sans la moindre retenue. Elle s'assurait de ne pas viser son nez afin d'éviter une mort inopinée et ne lui laissait pas la moindre chance de deviner la localisation de son prochain coup... Il n'eut pas la force de continuer à parler, assaillit par une douleur insupportable et de grandes difficultés à respirer.

Après quelques minutes de violence dans sa forme la plus simple, elle s'arrêta subitement. Constatant l'absence de mouvement de l'aristocrate, elle décida qu'il était temps de passer à l'étape supérieure. La rouquine tourna le dos à sa victime puis se dirigea vers la table à proximité. Elle y déroula une sacoche contenant de nombreux "outils" tous plus originaux les uns que les autres. La voleuse jeta son dévolu sur l'un d'eux, une pince aux bords tranchants, qui semblait parfaitement adaptée à ses projets. Sans même mesurer la réaction de Keith, elle revînt sur ses pas et releva la tête du malchanceux supplicié à l'aide de l'objet : celui-ci sembla alors prendre lentement conscience de ce qui allait suivre et trouva la force de protester tout en se débattant. Insensible, la demoiselle se mit à exécuter la tâche sans la moindre hésitation.


♪ Un deux trois, trois p'tits doigts,
Trois morceaux du p'tit fripon,
Dans la nuit, dans ses cris,
Sont coupés sous sa vision.

Sont tombés sur le plancher,
N'ont pas stoppé de saigner,
Quand Christian fut trop bruyant,
Elle lui brisa de nombreuses dents ! ♫


►◄


« C'est finit. » annonça Mysora, agenouillée prêt du corps à la recherche d'un pouls. « Très sympathique comme jeune homme ! Je ne m'attendais pas à ce qu'il continue à m'insulter aussi longtemps... »

Elle se releva et vînt saisir quelques torchons propres qu'elle utilisa pour nettoyer le sang sur sa peau. Profitant de la présence d'une bassine d'eau à proximité, elle y plongea son visage et ses cheveux détachés avant d'éponger les parties les plus impactées de son corps. Une fois débarrassée du plus gros de la "saleté", elle s'accouda sur la table et soupira longuement. Le travail s'était montré bien plus épuisant que prévu, mais elle espérait que le spectacle qui en découlait s'était révélé divertissant pour Keith...



Keith Veriano
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Ven 30 Aoû - 2:10

C'était fou. La manière dont on peut être absorbé par une scène qui se déroulait sous nos yeux. Au point même de ne plus cligner normalement des paupières. Heureusement pour Keith, ses larmes le forcèrent à fermer les yeux par moment. Oh, ce n'était pas par douleur physique, il pleurait pour son ami. Christian... Il n'avait pas perdu un ami de longue date, ou le meilleur qui soit. À bien y réfléchir, il était arrogant, lâche et avait un complexe d'infériorité, en plus d'être superficiel... Mais c'était bien pratique d'empirer le caractère de la personne pour rendre la scène plus supportable. Il avait aussi de l'humour, de bonnes idées, un sens des affaires admirables, même si parfois hasardeux. Et Keith respectait cela. Un travailleur qui faisait ce qu'il pouvait pour réussir. C'était comme... Un petit frère maladroit. Toujours à marcher derrière lui et à la suivre. Planquer dans son ombre, incapable d'en sortir. La seule solution qu'il avait imaginée l'avait conduite ici. Les sanglots silencieux de Keith glissèrent jusqu'au sol. Chaque larme versée était telle un souvenir agréable ravivé, puis détruit.

"Tu m'as trahi."

Murmurait-il plus pour lui-même que pour qui que ce soit. De toute façon, avec les cris qu'il poussait, il aurait été étonnant que lui ou Mysora l'entende. La rousse semblait d'ailleurs s'amuser comme une petite folle. Elle va bien dormir, cette nuit. Keith, quant à lui, ne voyait sa nuit que devant une cheminée, seul, une bouteille à la main et aucun verre. Un réveil au mieux dans un fauteuil, au pire sur un tapis. Ou dans son vomi. Mais malgré qu'il venait d'imaginer cette déplaisante situation, il ne pouvait pas pour autant détourner les yeux. Il avait donné l'ordre. "C'est un ordre." C'est ce que j'ai dit. Mysora ne le fait que parce que j'en ai décidé ainsi, qu'importe si cela lui plaît ou non. Même si dans les faits, elle ne donnait pas beaucoup l'impression de détester ce qu'elle faisait. C'était un point intriguant auquel Keith réfléchissait alors que son amie faisait craquer des os tels des noix : plus il avait l'impression de s'enfoncer dans la criminalité, et plus elle semblait ravie.

Les cris se terminèrent avec une Mysora comblée et un cadavre boursouflé par les coups. Elle se débarbouilla comme si elle venait de faire sa gymnastique ou bien de la peinture, avec une légèreté dans ses mouvements qui étonna Keith. Insulter, mentir, espionner, voler, kidnapper, torturer et tuer. C'était le récapitulatif de sa soirée depuis qu'ils avaient quittés le domaine. Et quelque chose en Keith s'effondra. Il y avait un sentiment en lui, qui lui donnait l'impression de pouvoir se contenir, de ne pas devenir sauvage. Mais tout fut balayé par une seule pensée.

J'ai bien fait de te proposer de te tenir à mes côtés cette nuit-là.

Keith se leva, s'agenouillant aux côtés de Christian. Son visage ne ressemblait plus à rien. Il le regarda attentivement, comme si ce n'était pas assez. Il fixa son visage sous toutes les coutures. Il était calme. Keith sécha ses larmes et resta ainsi un petit instant.

Devrais-je dire un mot ?

Keith ne savait pas comment réagir, et il se pencha sur Christian, embrassant son front.

"Adieu mon ami. On aurait pu partager bien plus..."

Veriano se releva et sortit un mouchoir de sa poche. Il se moucha. Soupira. Racla sa gorge. Rit nerveusement. Et son regard se tourna vers Mysora. Il n'avait pas l'air bien, mais visiblement, il avait reprit un peu de contenance. Les livres de comptes qu'avaient ramenés Mysora étaient sur la table. Keith s'en approcha tout en parlant à son amie d'une voix faible, mais ferme.

"Tu vas te débarrasser du corps. Fais comme tu l'entends, je veux être sûr qu'il ne soit jamais découvert. Si tu as besoin de quoi que ce soit, prends-le. Tu as fait du bon travail aujourd'hui."

Keith commença à feuilleter les pages, cherchant les premières entrées concernant les Veriano. Alors que la rousse était sur le point de quitter la pièce, il força un peu sa voix et lui dit.

"En effet, tu n'échoues jamais."

************

Au retour de la rousse, elle lui expliqua qu'elle avait détaché la tête pour les cochons d'une ferme voisine, et enterré loin le corps dans un endroit désert et naturel. De l'engrais qu'elle disait. Il mit cette absence à contribution pour analyser les livres de comptes. C'était soit ça, soit parler à sa mère. Il fit vite un choix. Mais malgré toute sa concentration et sa lecture à voix haute des documents, il ne trouva que peu de réconfort. Keith notait au fur et à mesure toutes les irrégularités qui contrastaient avec ses propres comptes, mais malgré tout, il avait une pensée presque sympathique pour Christian. Il ne le regrettera pas, mais sûrement qu'une chose avait changée en lui ce soir.

Le temps passait alors qu'il cogitait sur des chiffres et ses états d'âmes, mais il finit par ranger les documents.

"Bon, il est de temps de passer à la dernière étape de la soirée."

Et c'est avec lassitude qu'il déboucha un spiritueux.
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