Quand Gwain arrivait en ville après de longs trajets, il profitait d’aller manger et boire quelques part. Surtout avant d’aller rentrer chez lui, seul. La solitude ne l’embêtait pas trop, c’était en partie un choix lié à sa mission, mais s’il pouvait parler un peu après un long voyage c’était avec plaisir.
Gwain pensait à tout cela en déambulant en ville, se dirigeant vers la place marchande, meilleur endroit où trouver ce qui l’occuperait quelques heures. Il marchait rapidement, avec méfiance selon les rues qu’il traversait. Il serait en effet malheureux de perdre sa cargaison. Il observait les devantures des échoppes qu’il pourrait visiter, tout en tâtant d’une main discrète ce qu’il avait en poche. Ce ne serait pas ce soir qu’il allait faire des folies.
Il aperçut un bâtiment de taille raisonnable, ayant l’air abordable. Il n’avait jamais visité cette taverne, et c’était probablement le moment si ses pas l’y menait. L’Aventurier Téméraire, le nom était plutôt sympathique. Gwain n’avait rien d’un aventurier et n’était probablement pas le plus téméraire des hommes, mais il n’y avait probablement pas de tests à l’entrée. Amusé, il entra dans la taverne.
L’intérieur était plus rustique que ce qu’il aurait imaginé pour un établissement de la capitale. Mais tout ce bois ainsi que cette décoration lui rappelaient son petit village, en bien plus grand. Il prit une grande inspiration tout en scannant la pièce. Il s’y sentait bien, l’endroit étant plutôt calme pour le moment. Il pouvait voir des groupes de personnes profitant de bonnes boissons. Gwain était d’humeur à faire des rencontres, et qui sait peut-être apprendre des choses.
Gwain se dirigea donc vers le bar, après avoir retiré sa capuche par politesse. Il s’assit et posa son sac à ses pieds, là où il pouvait le sentir. Il attendit que le tavernier soit disponible avant de lui faire un signe.
« Bonsoir ! Comment allez-vous ? » demanda-t-il avec un grand sourire « C’est la première fois que je viens ici. C’est très beau. Vous auriez une spécialité à conseiller ? »
Quoi de mieux pour savoir à quel genre d’établissement il avait à faire que de découvrir ce qui les rendait unique. Il espérait juste que ce ne soit pas quelque chose avec des insectes dedans…
Pas trop de monde aujourd'hui, le genre de soirée que je préfère en réalité, je peux prendre le temps de discuter, converser avec les clients est l'une des choses que je préfère dans mon métier, c'est sûr que j'ai bien moins le temps qu'avant, depuis que Aube se consacre à la médecine, elle n'a plus réellement le temps d'aider et cela fait bien longtemps que je n'ai plus vue Psolie - depuis la réouverture suite à l'agrandissement - à croire que la demoiselle a changé de ville sans m'en dire le moindre mot... De ce fait, lorsque des soirées sont un peu plus calme, comme c'est le cas aujourd'hui, j'en profite! Il y a tant d'histoire que je n'ai pas le temps d'apprendre, tant d'aventurier qui viennent fêter des missions sans que je ne puisse en apprendre plus, cela me manque! Me tenir au courant des quêtes de la guilde, c'est un peu mon moyen de rester en relation avec ce monde depuis que j'ai pris ma retraite, de me tenir au fait des aventures de mes amis et anciens frères d'armes, un petit plaisir qui reste le mien.
Je suis d'ailleurs en grande conversation avec un aventurier qui me parle d'un manoir hantée au fin fond des montagnes que trois braves ont bravés lorsque la porte d'entrée s'ouvre... Un jeune homme, j'le connais pas vraiment, jamais vu auparavant et pourtant j'me souviens de tout les clients qui sont entrés dans mon établissement. Un nouveau venu donc! J'le laisse tranquillement s'installé pendant que mon interlocuteur termine son histoire entre deux gorgée de bière et j'lui tape ensuite sur l'épaule avec sympathie, m'excusant et lui promettant que j'veux entendre la suite plus tard mais d'abord, s'occuper du nouveau venu! C'est important que les clients se sentent les bienvenus, non seulement pour les fidéliser mais aussi parce que c'est la raison même d'être de ma taverne : un lieu dans lequel tout le monde est à la maison!
"Bonsoir et bienvenue à l'Aventurier Téméraire! Je vais fort bien et vous?" Un large sourire amical, le regard pétillant de sympathie, aucunement besoin de jouer un rôle quelconque, je me suis toujours considéré comme quelqu'un d'accueillant après tout. "Merci du compliment, j'ai essayé de faire en sorte que le lieu soit conviviale et agréable pour tous! J'suis heureux si c'est une réussite... Pour ce qui est de la boisson, j'peux vous servir tout ce que vous voulez, du simple vin de vigne à un alcool des plus rares. Si vous voulez vraiment la spécialité, c'est un alcool unique que j'ai moi-même mis au point, cependant j'préviens tout de suite, c'est pas de la gnôle qu'on peut siroter comme si de rien n'était, c'est fait à partir d'une amphore qui vient de la cité enfuie, une boisson perdue qui vous retourne les boyaux! J'le conseil pas si vous n'avez pas l'habitude de boire."
Le jeune espion regardait le tavernier, l’observant en attendant qu’il vienne. Il ne captait pas ce qui s’échangeait, mais ce devait être une histoire passionnante. Gwain s’en voulait presque d’arracher le tavernier à son interlocuteur. Mais il avait soif lui aussi.
Une fois le tavernier devant lui, Gwain put bien le voir. Il avait bien vu que l’homme était gigantesque, mais une fois en face, c’était encore plus marquant. Il avait surtout un nombre de tatouage intriguant. C’était des signes très importants, chacun d’entre eux devait avoir une signification probablement profonde. Etait-ce des marques d’une ancienne vie de crime ou au contraire, quelque chose de plus sauvage? Il ne devait pas avoir beaucoup de personnes qui osaient le confronter au vue de sa masse, donc sa cicatrice devait avoir elle aussi une histoire intéressante.
Mais malgré tout cela, Gwain ne se sentait pas menacé. Au contraire, il se serait senti en sécurité si il ne savait pas lui-même se défendre.
“Je vais bien, merci!” répondit Gwain amicalement. Avant d’écouter l’exposé des boissons.
Si Gwain était dans cette taverne, c’était pour découvrir de nouvelles choses. Mais il était vrai que l’histoire l’effraya un peu, surtout pour le coût de tout ça. Il n’était pas étranger aux fêtes des soldats qu’il avait eut durant sa formation, mais il avait toujours fait attention. Il réfléchit un moment. Il savait comment rentrer chez lui les yeux fermés. Il avait le paquet de livraison et pouvait le livrer le lendemain.
“Et bien vous savez quoi, je vais prendre votre alcool maison. Si il est unique, faut pas que je rate l’occasion d’y gouter!” s’exprima-t-il enthousiaste. Il ne connaissait pas assez la création d’alcool outre les bases de fermentation. Et surtout il ne semblait pas y avoir d’insecte. “Au pire, je sais rentrer chez moi instinctivement. Je voyage suffisamment pour me repérer en toute circonstance!”
Gwain savait que sa vie officielle n’allait pas égaler celle du tavernier, mais il avait un certain nombre d’histoire malgré tout. Et surtout, il était plus intéressé à connaître l’histoire de l’homme en face de lui. Dès qu’il aurait sa boisson, il commencerait à l’interroger.
"Et un alcool maison! Vous m'en direz des nouvelles!"
Prenant une bouteille d'eau posé sur le côté du comptoir, je sors un verre de sous ce-dernier, pour le coup c'est un petit verre typiquement utiliser pour les rhum ou les whisky. Hors de question de servir un tel alcool dans un verre plus grand, je ne désire pas voir le jeune homme vomir ses tripes après une seule boisson. De préférence, j'aimerai ne pas le rendre malade peu importe le nombre de verre... J'utilise mon pouvoir, versant l'eau dans le verre, cette fois cependant rien de bien impressionnant visuellement, l'eau et l'alcool n'ayant pas réellement une couleur différente, c'est un liquide transparent qui se retrouve dans le récipient alors que je le pousse vers le jeune homme avec un petit sourire. Ma capacité est plus impressionnante habituellement, cependant s'il prend le temps d'humer le liquide avant de le boire ou de crier à l'imposture, il se rendra vite compte que bien qu'incolore, il est loin d'être inodore et les premières effluves d'alcool fort se feront rapidement sentir, bien avant qu'il ne les goûte. Posant la bouteille sur le côté, je prends appuie sur le comptoir avec ma main droite, mon avant-bras gauche se posant sur le comptoir, immobile, visiblement pas autant opérationnel que le droit, vieille blessure qui me laisse avec un bras mort.
"Et donc? J'vous ai jamais vu avant! Z'êtes de passage à la capitale ou bien vous vous êtes juste décidé à passer la porte aujourd'hui?" Léger rire, pas que cela m'offusquerait mais j'aime savoir ce qui pousse de nouveaux clients à passer le pas.
L’alcool était transparent, rien de surprenant s’il était vraiment fort. Gwain renifla discrètement l’odeur de la boisson, et il ressentit quelque picotement dans le nez. C’était fort, très fort. Mais derrière l’odeur d’alcool, il y avait une odeur un peu plus subtile. Arriverait-il à en percevoir le goût malgré la puissance de la boisson ? Il n’y avait qu’un moyen de le savoir. Il porta le verre à ses lèvres, prenant une micro-gorgée le temps que le tavernier lui pose une question. Il sentit sa langue en feu mais surtout sa gorge le gratter assez fort. Sans l’entrainement qu’il avait reçu, il se serait probablement embarqué dans une forte quinte de toux, des larmes et une réaction violente. Se maintenant assez bien, il toussa la bouche fermée et eut quelques léger spasmes.
« C’est un très bon verre ! » commenta-t-il, la voix un peu serrée avant de répondre au tavernier. « Effectivement, c’est ma première fois ici mais je vis à la capitale principalement ! A ma décharge, il y a beaucoup de tavernes et je n’ai pas le temps de toutes les tester »
Même si ce qu’avait dit son interlocuteur n’était pas une critique, Gwain ne put s’empêcher de se défendre. Ce n’était pas sa faute et il ne mentait pas. Il serait probablement venu plus tôt si il ne passait pas autant de temps loin de la capitale, pour son ‘travail’.
« Je suis très souvent en voyage, pour le travail » dit-il en soulevant le sac qui tinta de céramique. « Je m’occupe de faire des livraisons entre les villes, ou même intra-ville. Et je profite de découvrir un nouvel établissement dès que je peux. D’ailleurs, ça fait longtemps que vous êtes ici, Monsieur … ? »
Gwain n’avait pas eu l’occasion de lui demander son nom. Il était temps de corriger cela. Il profita de reprendre une petite gorgée, qui lui picota légèrement moins le corps, mais qui chauffait bien le passage. Il remarqua le bras plutôt immobile du tavernier. Ce ne devait pas être facile de travailler avec un bras faible… Était-ce pour cela qu’il était désormais tenancier au lieu de criminel, d’aventurier ou de quelconque activité qui expliquerait sa stature plus qu’impressionnante.
Bien-sûr, je le questionne! Après tout, j'suis tavernier, ça fait partie du boulot! C'est un peu une sorte de pacte inofficiel entre les clients et les patrons de taverne, on sait qu'on va devenir le détenteur de tous les ragots du coin quand on ne joue pas les psychologue au rabais pour ceux qui noient leur chagrin dans nos verres, c'est un peu normal de partager que ce soit en racontant notre propre histoire ou en écoutant celle des autres. Pour l'heure, j'pense pas trop en faire, j'me renseigne juste sur ce qui l'a conduit ici exactement, plus curieux de savoir si c'est le bouche à oreille ou un simple hasard au gré de ses déplacement. J'dois avouer que je suis curieux mais je ne m'attendait pas spécialement à sa réaction. Une réponse quelque peu défensive, comme une excuse concernant son absence de mon établissement alors qu'il est de la capitale, comme s'il ressentait un besoin de se justifier? Un manque de confiance en lui ou autre chose? Difficile à dire mais en tout cas, je choisi de désamorcer immédiatement la situation et le potentiel malaise avec un rire fort et sincère.
"Allons allons, y a pas de mal! Aucun besoin de vous justifier! Après tout, c'est pas les tavernes qui manquent à la capitale, j'suis bien heureux de vous voir aujourd'hui et qui sait? Peut-être que j'pourrais vous convaincre de revenir à l'avenir!"
Dis-je avec un petit clin d'oeil alors que je prends mon linge qui était posé sur mon épaule et que j'entreprend de frotter une chope que je lavais avant qu'il n'entre dans la boutique, pendant ma conversation avec l'autre client. J'sais pas pourquoi, c'est une habitude de garder les mains occupés quand je parle avec quelqu'un. J'ai peut-être l'impression que mon bras se porte bien quand je fais ça? Allez savoir! J'l'écoute alors qu'il m'explique son occupation, un messager donc? Chanceux le gamin! J'trouve ça agréable de pouvoir voyager, c'est pas vraiment possible quand on tient une taverne, parfois mes années d'aventurier me manque même si, quand j'regarde ce que j'ai maintenant : l'établissement, Saryna, Cid, j'me dis que j'échangerai ça pour rien au monde.
"Devon! Et pas de monsieur avec moi, mon prénom c'est bien suffisant! J'suis installé depuis neuf ans maintenant, bientôt dix même si c'est plus vraiment la même taverne! On a fait des rénovations il y a quelques lunes, un agrandissement un peu avant la naissance de mon gamin! Disons qu'il fallait plus grand pour pouvoir entretenir la petite famille tu vois? Et toi alors? Messager hein? Tu dois voir du monde? Des histoires à raconter? Et donnes moi dont ton prénom au passage, c'est plus sympathique pour communiquer pas vrai?"
Gwain hocha la tête. Le tavernier était là depuis 10 ans, bien plus que l’espion aurait imaginé. Il aurait estimé maximum quelques années, probablement depuis sa blessure. Mais l’homme était un homme bien plus respectable que son apparence pouvait laisser entendre. Un père de famille, après tout c’était logique comme métier. Peut-être difficile si la mère devait elle aussi s’occuper du travail pour réussir à nourrir toute la famille, et si le petit devenait aussi infernale que sa sœur l’avait été à l’époque. Gwain sourit et se détendit un peu. Était-ce les souvenirs de sa jeunesse, l’environnement rustique ou simplement la joie de vivre de Devon, mais il se sentait vraiment bien.
« Félicitation Devon. Tant pour les 10 ans mais surtout pour ton enfant » félicita-t-il en soulevant son verre, tout sourire « Tu peux m’appeler Gwain »
Il garderait son nom de famille secret, pour le moment.
Il réfléchit à quelles histoires raconter. Bien entendu, les plus intéressantes étaient également les plus secrètes. Celles qu’il ne devait révéler à personne, sous peine de révéler son vrai travail. Mais il avait malgré tout une série d’histoire plus classique de ses voyages. Devait-il partir plutôt sur du coquasse, comme lorsqu’il avait livré un ensemble de bijoux à une femme, mais que ce fut le mari de celle-ci qui ouvrit le paquet. Ou plutôt partir sur une histoire plus forte, comme lorsqu’il était tombé sur une bande de petite frapper. Rien qui impressionnerait un costaud comme Devon.
« Exactement. Messager et coursier. Comme tu dis, j’en vois du monde, même si j’assure principalement les trajets entre les grandes villes. C’est les plus simples. Les voies sont généralement sûres, donc je profite de voyager seul » expliqua-t-il en souriant « T’imagines bien que mes convois et autres sont protégés par le secret… »
Gwain but encore un peu de son verre, sentant gentiment la chaleur, pour faire durer un peu le suspense et lui donner un peu de temps pour trouver les meilleures histoires.
« Maiiis… Si ça reste entre nous, j’ai bien quelques histoires. Probablement rien d’aussi impressionnant que ce que d’autres aventuriers peuvent te raconter. Je n’ai jamais tué des dragons par exemple » dit-il s’étant décidé sur une histoire « Mais je me rappelle ma première livraison, une catastrophe, y a 3 ans grosso modo. J’étais un peu perdu à l’époque et je me cherchais. J’avais besoin de voir du monde et je me suis dit : Tiens, c’est probablement un bon travail, et pas trop difficile. Donc, je trouve une livraison toute simple : Livrer un met d’exception dans la capitale. Rien de bien difficile, tu me diras »
C’était aussi la période où il avait rejoint les espions, en tant que recrues. C’était un monde nouveau, et cette couverture n’était pas la plus facile pour lui au début.
« Donc, je vais prendre le plat. Il était si savoureux, que j’avais l’eau à la bouche pendant tout le trajet. Je regarde bien la carte, et je pars en courant. Peu prudent, je passe par divers rue jusqu’à ce que je me rende compte que je suis suivi. Je prends ma dague, prêt à me défendre, et je me retourne, prêt à en découdre »
En même temps de l’explication, Gwain agitaient les mains, mimant le geste de sortir sa dague. Il savait se battre.
« Et là, je me retrouve face à une dizaine de chats, visiblement affamé et plein de puce. Hors de question que je plante des chats. Alors je me mets à courir encore plus vite qu’avant, poursuivi par une légion de chat n’ayant envie que d’une chose : le succulent gigot dans ma besace. Voulant bien faire, je protège le plat comme je peux. Finalement, j’arrive devant la maison où je devais apporter le plat, et il n’y a qu’un seul chat qui me poursuit. Très insistant, je le maintiens d’une main, qu’il griffe et mord avec l’énergie d’un parlion »
Gwain montra quelques restes de ces griffures, sur sa main droite. Négligeable comparé aux blessures de Devon.
« J’ai réussi à livrer, et dès que le plat n’est plus à moi, le chat part en courant. Moi, je me retrouve blessé, et surtout couvert de puces. J’ai mis plusieurs jours à m’en débarrasser, et j’ai dû jeter ma garde-robe et ma literie »
C’était en plus sa tenue favorite…
Gwain sourit gentiment, tout en finissant sa boisson. Il sentait que ses pommettes se rosissait à mesure que l’alcool pénétrait son sang. Devon ne plaisantait pas.
« Probablement pas la meilleure des histoires, surtout parmi tes clients aventuriers » se défendit légèrement Gwain.
Le jeune coursier, puisqu'il me confirme cette profession, se met alors à me narrer une aventure si l'on peut réellement le dire ainsi! Rien qui ne puisse réellement faire d'ombre aux plus téméraire de mes clients ou aux membres de la guilde aguerri ayant affronté la cité enfuie ou ce fameux désert volant bien-évidemment et pourtant, je reste captivé par cette péripétie, certes petite à l'échelle du royaume mais qui doit être terriblement grande pour quelqu'un l'ayant vécu! Après tout, il faut tout de même le faire : parvenir à livrer le paquer jusqu'à destination alors qu'un chat errant tente de vous dépouiller de votre précieux bien! Rien de bien agréable, alors si en plus ils sont une légion... Je me souviens encore lorsque nous avons fêter la réouverture de la taverne après mon retour de ce naufrage qui m'a coûté un bras : Faolan avait fait des repas succulents, tellement délicieux que les déchets avaient attirés dans ma cour tous les chapardeurs quadrupède de la ville! Heureusement que j'avais ma bague de parole animal pour leur faire entendre raison car nul doute que j'aurais été dans une situation similaire à celle de mon jeune interlocuteur sans cela... Bien-entendu, son récit terminé, je ne peux faire autrement que rire doucement de bon coeur, nulle moquerie bien-évidemment mais il faut avouer que la situation à quelque chose d'amusant.
"Et bien quelle histoire! Tu as donc découvert l'une des grandes réalités de la capitale : les chats errants sont plus tenaces que bien des créatures cachées dans les ombres des forêts entourant la ville... Ce n'est certes pas l'histoire la plus incroyable que j'ai entendu entre ces murs mais je vais te faire un aveu : elle est rafraichissante!" Un clin d'oeil, comme le témoin d'une confidence, ponctuant mon propos. "Comme tu l'as dis, il y a nombres d'aventuriers parmi mes clients et, même si je les apprécie grandement, ils ont parfois tendance à exagérer leurs exploits et la moindre cueillette d'herbe prends des airs de chasse au Fenrir!" Un rire fort ponctuant cette phrase avant que je ne secoue doucement la tête. "Enfin, je ne peux pas le leur reprocher, je suppose que j'étais pareil à l'époque? Quand on a la chance de conclure une mission, on fini toujours par fanfaronner au moins un peu pas vrai?"
Il rit aussi à la remarque de Devon sur la tendance des aventuriers à exagérer, ou à trop en dire. C’était une bénédiction pour son travail de l’ombre. Parfois, il suffisait de flatter l’égo de l’aventurier, et hop la machine à parole était lancée. Le plus dur étant de séparer le vrai du faux. Les grands, et puissants, aventuriers, ceux-là Gwain n’osait pas encore vraiment remettre en question leurs exploits. Il manquait clairement d’expérience et de connaissance dans le domaine pour réussir à manoeuvrer les histoires pour en extraire des trésors d’informations.
Gwain tiqua sur la remarque de Devon, confirmant sa réflexion sur l’ancien statut du tavernier. Un ancien aventurier, qui s’est blessé et à du être à la retraite? Ou était-ce la vie de famille qui l’avait extirpé de ses anciennes passions? Les naissances et grossesses avaient tendance à faire ça… Il chassa rapidement les problèmes internes à son métier pour se concentrer sur Devon. Ce n’était pas facile alors qu’il sentait l’impression de légereté lié à la douce ivresse qui s’installait. Il allait devoir faire gaffe…
“J’étais sûr que tu étais aventurier!” dit-il avec un clin d’oeil “Il serait juste alors que j’apprenne de tes exploits, vu que je t’ai raconté le mien.”
Malheureusement, les espions ne pouvaient pas se vanter après un travail bien fait. Mais il avait la satisfaction d’une mission pour le bien du pays, et aussi une fierté de ne pas avoir été attrapé. Il aimait beaucoup cette impression d’impunité.
“Et volontier une nouvelle boisson, mais… quelques chose de léger cette fois-ci” avoua-t-il ne voulant pas finir à se vider les boyaux
Il espérait aussi qu’acheter cette boisson serait utile pour aider le tavernier à donner une belle histoire, donnant-donnant.
Cependant, voici que je passe de publique attentif à centre de l'attention, changement de rôle régulier lors d'une conversation en réalité, il convient donc de ne pas trop faire attendre le publique. J'ai toujours eu dans l'idée que si je sais écouter, je sais également partager. C'est la base même d'une société civilisé après tout, ne dit-on pas que la parole est le propre de l'homme? À moins que ce ne soit le rire? "Je vais te décevoir si tu t'attends à de folles aventures! Comme tu t'en doutes, mon pouvoir n'a pas grande utilité lorsqu'il s'agit de partir en chasse ou d'affronter une créature menaçant les voyageurs qui prennent la route... Non, j'ai un physique impressionnant et une bonne force physique mais je me suis toujours cantonné aux créatures que je pouvais affronter à mains nues." Dis-je en prenant une bouteille d'eau pour servir le jeune homme. Mission numéro une d'un tavernier, ne pas laisser son client avoir soif! Rien de bien fort cependant, une petite bière douce pour le mettre en appétit, dans le pire des cas il n'aura qu'à me signaler ne pas vouloir ça et un autre service viendra, je ne le connais pas encore assez pour lui offrir du sur mesure avec la certitude de ne pas faire fausse route. "En réalité, je te dirai que mes plus grandes aventures sont arrivés après ma retraite! Crois-moi, installer une taverne en plein coeur de la capitale, avec la concurrence, c'est bien plus effrayant que n'importe quelle créature! Puis après ça, il y a eu la rencontre avec mon épouse et la venue au monde de mon fils... Rien n'est plus impressionnant que cela mais, si je dois parler d'un moment de ma vie d'aventurier qui me marquera toujours, c'est ma rencontre avec une veille amie!"
Je souris doucement, mon regard se perdant dans l'horizon un instant alors que je me serre un verre d'eau. "Connais-tu les loups d'ombre? Une meute de ces animaux rodait aux abord de la capitale, dans la forêt avoisinante et une mission consistait à les mettre en déroute... Jeune, impétueux et un peu stupide avouons-le, j'ai pris la décision de prendre cette quête, persuadé de pouvoir m'en sortir seul. Ce ne sera pas une surprise si je te dis que ça c'est mal passé... Me voici donc entouré d'une meute prête à faire un festin de mon être lorsque soudain, une tornade rougeoyante fit son apparition! Une femme, aussi belle qu'impressionnante, sa chevelure de feu voltigeant au rythme de ses attaques alors qu'elle tenait en respect les créatures de la pointe de sa lame... Elle s'appelle Asia! Elle et ses deux compagnons m'ont sauvé la vie ce jour là! À nous quatre, on est parvenu à se débarrasser de la menace. Après ça, on est devenu inséparables, à prendre toujours nos missions ensembles... J'vais te dire, c'est à ça que l'on reconnait les grands aventuriers : aux groupes qu'ils sont capables de former!"
"Principalement le nom de la taverne, j’imagine qu’un non-aventurier n’oserait pas faire un nom pareil" expliqua-t-il en souriant "Ainsi que ce que tu dégages comme impression"
Gwain n’avait pas nécessairement suivi beaucoup d’aventurier. Tout au plus quelques rencontres sur les trajets un brin dangereux qu’il avait du parcourir. Gwain trouvait admirable le travail fait par ce groupe, qui avaot une certaine liberté et une gloire certaine. Chose que Gwain n’aurait jamais dans sa situation.
Gwain écouta avec intérêt Devon, impatient d’en savoir plus sur les déboires qui ont mené le tavernier à prendre sa retraite, outre la famille bien entendu. Quand il parla de son pouvoir, le Chapardeur regarda avec curiosité ce qu’il se passait. La dernière fois, il n’avait pas remarqué la subtile différence entre l’eau de la bouteille et le verre qu’il lui avait été offert, mais cette fois il remarqua clairement. C’était un pouvoir plutôt intéressant, limité si ce n’était que transformer l’eau en alcool, mais il y avait plein d’utilité, probablement. Ne serait-ce que pour mettre la bonne humeur parmis une compagnie d’aventurier !
Gwain remercia le tavernier en soulevant son verre d’une bonne bière légère, bien plus à son goût que l’intensité de l’alcool précédent. Il voulait bien croire ce que disait Devon. Après tout, l’administration du royaume, gérer la concurrence et réussir à gérer en même temps une famille, ça devait etre une sacré expérience. Surtout si la concurrence devient féroce. Il y avait plus d’une histoire de rumeurs répandue par des adversaires, des tentatives de sabotages ou même des menaces plus explicites. Peut-être qu’on n’oserait pas faire cela à un type costaud comme Devon.
"Je veux bien croire que c’est une sacré aventure" commenta Gwain tout en buvant sa bière
Il écouta bien intrigué l’histoire de Devon. Peut-être en avait-il lui-même entendu parler ? Il hocha la tête quand le tavernier parla des loups d’ombre. C’était des sales bêtes qu’il craignait toujours de croiser lors des livraisons qui passaient par des forets sauvage. Sa formation ne l’avait pas spécialement préparer à lutter face à une meute.
"Tu as eu de la chance ! Quand j’étais plus petit, on parlait d’horribles histoires où des loups d’ombres dévoraient des convois entiers si ils n’étaient pas prudent" commenta Gwain, une fois l’histoire terminée. "Tu as donc fait partie d’une compagnie à partir de ce moment ? Ca doit être sympa, d’avoir une équipe inséparable avec qui tu peux tout partager. Ils viennent ici par moment, pour fêter l’ancien temps ou tu les revois de temps à autre?"
Gwain sourit mais était un peu triste en pensant à la chance que Devon avait. Jamais l’espion ne regretterait sa famille, et ils avaient passé de super moment tous ensemble. Mais ça ne sera jamais quelque chose de publique. Il resterait donc seul, peu importe ce qu’il ferait… Il soupira involontairement, en pensant à tout ça
Suite à mon récit, je prends une gorgée d'eau pour dire de m'hydrater, après tout parler ainsi ça assèche la gorge mine de rien... Chanceux? Je suppose que c'est le cas oui, et en même temps c'est un peu avec le métier! On sait quand on part en mission, on ne sait pas quand on en reviendra ou même si l'on en reviendra. Beaucoup pense que les badges de la guilde servent à prouver son appartenance à ce groupe, c'est sans doute vrai... Je leur ai trouvé, au fil des années, une toute autre utilité : un vecteur de mémoire! Combien de fois ai-je ramassé cette preuve d'appartenance sur un confrère mort en mission pour le ramener à sa famille et leur apprendre la triste nouvelle? Je ne sais pas si j'ai été chanceux, si la déesse même s'est penché sur moi ce jour là pour mettre mes trois compagnons sur mon chemin mais, je suis certain qu'aucun aventurier ne le reste longtemps sans une pointe de chance... Bien-sûr une telle histoire provoque forcément des questions, un soupire s'échappe de mes lèvres alors que je secoue doucement la tête. Est-ce que je revois encore mes compagnons de l'époque? Déposant mon verre je joins mes deux mains sur le comptoir avant de fermer les yeux, comme rendant hommage.
"Je vois encore Asia de temps en temps, elle est toujours aventurière. Malheureusement, Torn - l'un de mes deux autres compagnons - est mort en mission un an jour pour jour après l'établissement de la taverne. Je fête mon installation en même temps que l'anniversaire de la mort de mon ami. Bjorn, mon second partenaire, est décédé au nord du royaume en protégeant une noble qu'il devait escorté il y a trois ans maintenant... Chaque jour je crains de voir un membre de la guilde venir m'annoncer la mort d'Asia mais, c'est une guerrière, elle refuse de prendre sa retraite..." Nouveau soupire alors que je secoue la tête. "On a tous des moments plus sombres dans nos histoires pas vrai? Je sais reconnaître lorsque quelqu'un en a gros sur le coeur... " Dis-je en le désignant d'un mouvement de tête, pas réellement une question juste, je remarque les signes alors s'il veut en parler, autant lui faire savoir discrètement que je peux écouter et sinon, libre à lui de faire ce qu'il veut.
"Oh tu sais, c’est pas facilement descriptible une impression. Simplement le charisme et la puissance que tu dégages suffit à savoir que tu as fais un métier risqué" expliqua-t-il briévement, espérant que ça suffirait
En voyant la réaction de Devon, une réaction de prière ou d’hommage, Gwain comprit qu’il n’aurait peut-être pas du poser la question. La vie d’aventurier était très dangereuse, et il n’était pas rare que de nombreuses personnes y perde la vie. Suffit de voir les risques que Devon eut face aux loups d’Ombre. Le chapardeur jura intérieurement face à sa propre maladresse. Il ne voulait pas mettre mal à l’aise son interlocuteur, et il voulait garder une distance pour ne pas dire de bétise. Mais l’alcool dans ses veines le poussait au sentimentalisme. Pourtant il savait très bien à quel point les Taverniers étaient des sources d’informations, si quelqu’un tentait de récupèrer des informations sur Gwain, il pourrait passer par le tavernier… Probablement ?
Se reconcentrant sur les dires de Devon, Gwain ne savait trop que dire. Il cherchait une formule idéale pour exprimer le soutien qu’il avait pour le tavernier. Le Chapardeur n’avait que peu cotoyer la mort, mais il pouvait comprendre en partie la crainte de Devon de voir quelqu’un disparaître du jour au lendemain. Il n’était pas aussi facilement inquiet que d’autres membre des espions, mais il mentirait si il disait ne pas avoir peur par moment d’apprendre la disparition d’un membre de sa Famille.
Le geste et les paroles de Devons touchèrent Gwain, la magie des aubergistes en œuvre, en quelque sortes. Il aurait voulu dire pas mal de chose sur sa situation, mais il n’allait pas trahir sa famille de la sorte.
"Je suis désolé pour tes compagnons, paix à leurs âmes" déclara-t-il solennellement, marquant une pause pour exprimer son respect de ceux tombés aux combats. "Je ne veux pas t’embêter avec mes histoires. Elles sont mineures, par rapport à ce que tu as vécu"
Il but encore un peu de sa boisson, arrivant à la moitié du verre. Il paraissait négocier avec soi-même, évaluant ce qu’il pouvait et voulait dire. Partager quelques vérités ne pouvait pas faire de mal… Et puis, Gwain connaissait désormais la capacité de Devon, aucun risque qu’un pouvoir ne le piège…
"Je me sens bête d’avoir pensé que tu étais chanceux d’avoir des amis si proche, une petite compagnie avec qui vous pouviez fêter et partager vos succès, sans réfléchir à ce qu’impliquait la vie d’aventurier" commença-t-il lentement, tournant la bière dans son verre et sincèrement gêné "C’est simplement que mon métier est un métier très… solitaire. Il arrive que je fasse des livraisons de groupe, mais c’est assez rare. Etre livreur n’est de loin pas aussi dangereux que ce que tu fais, mais il y a toujours un risque de perdre quelqu’un."
N’ayant jamais été le meilleur à la dissimulation et à la comédie, l’identité publique de Gwain en tant que livreur de la compagnie Althair lui permettait de ne jamais trop mentir lorsqu’il devait parler de lui-même. C’était vraiment une couverture idéale pour quelqu’un comme lui. Le chapardeur but à nouveau avant de continuer
"Et puis, comme je t’ai dis, la plupart de mes livraisons sont secrêtes. Je peux donner ni nom, ni contenu, parfois même mentionner que j’ai fait une livraison peut me poser problème. Donc au final, je reste dans l’ombre des autres. J’apporte beaucoup, enfin je crois, mais ça ne sera jamais reconnu" expliqua-t-il avant de sourire tristement "Enfin, simplement que le bon alcool me rend mélancolique
"
Il devait paraître si futile, de se plaindre d’être seul et insignifiant face à quelqu’un qui avait fait tant de chose. Mais ça faisait du bien de parler
J'ai l'impression qu'il tente de dissimuler des choses, je ne peux pas mentir sur ce point, cependant loin de moi l'envie de découvrir quoi. J'suis tavernier, pas espion! J'me contente de servir des verres en partageant mes expériences et en offrant une oreille attentive et libre de tout jugement à ceux qui veulent parler. Gardes, citoyens, certains criminels même! Il y a de tout dans ma clientèle mais je ne pose pas de questions inutiles, ça évite de devoir mentir. Cependant, je ne peux tout de même pas m'empêcher de rire doucement, un rire sans réelle joie certes mais tout de même présent lorsqu'il présente des "excuses" qui n'ont, selon moi, aucune raison d'être en réalité. " Allons donc! Pas besoin de se sentir bête pour si peu mon ami! Effectivement j'ai perdu des compagnons mais, ce sont les risques du métiers et puis, malheureusement, la mort fait partie de la vie... Bien-sûr les perdre n'a jamais été simple, cela ne le sera jamais mais, j'ai dans l'idée que les morts ne disparaissent jamais vraiment! Temps que l'on se souvient d'eux, que l'on partage leurs histoires alors, ils sont immortels dans nos mémoires." Jamais je ne regretterai d'avoir connu ces hommes et ces femmes auprès desquels j'ai combattu, que ce soit mes trois amis ou tous les autres membres de la guilde. J'avais en effet une compagnie avec laquelle je pouvais fêter, rire, me sentir vivant et chaque fois que l'ultime survivante de mon groupe passe me voir, nous levons nos verres à nos deux compagnons tombés un jour en mission...
"Je pense que personne ne devrait être seul tu sais... Perdre un compagnon est certes douloureux mais, à aucun moment je ne regrette de les avoir connus..." Dis-je alors que je récupère la bouteille pour remplir le verre du jeune homme. "Remplissage offert par la maison, aux morts et à leur souvenir impérissable!" Dis-je dans une affirmation en souriant. Cela étant, peut-être que je devrais arrêter de faire boire le p'tit gars qui me fait face? "J'pense que des gens se souviendront de toi quoi qu'il arrive, qu'au moins ceux pour qui tu boss se souviendront de ta participation. Cela étant, t'es sûr que tu peux en parler aussi librement? Pas que ça me dérange, si tu dois sortir un truc qui pèse sur ta poitrine vas-y mais... Des mission de livraison dont tu ne peux même pas parler? Des clients dont tu ne peux rien dire? Un tel secret, on pourrait croire que tu fournis un groupe de criminels voulant s'en prendre à la couronne." Semi-avertissement, semi-plaisanterie, ce gamin me semble pas vraiment capable de tremper dans des activités de révolutionnaire mais, faut avouer que tout ce mystère, j'le connais juste dans les milieux les moins recommandables...
Gwain accueillit le verre avec sourire, sachant que ce n’était pas raisonnable. Mais il fallait honorer les morts, les souvenir, et tout le monde. Il leva son verre
“Pour que jamais on ne les oublie” affirma-t’il du fond du coeur, avant de prendre une grande gorgée. Il aimerait bien lui aussi trouver un compagnon… “Merci, Devon”
Mais les avertissements taquins de Devon le rappela à l’ordre. Il était vrai qu’en agissant de la sorte, il pouvait s’attirer des soupsons. Gwain devait se rappeler d’où il était. Ce n’était pas une sortie avec d’autres espions où ils pouvaient se permettre de se lamenter un peu. Il était avec un inconnu, qui malgré la sympathie restait un inconnu. Il allait se resaisir. Même si c’était vrai, la Compagnie avait commencé quelques comportement louches. Ca ne surprendrait pas le Chapardeur si il travaillait pour quelquonque criminel. Il avait beau regarder avec assiduité le contenu des paquets envoyé, il n’était tombé sur rien de suspect. Mais même les pire criminel ont parfois d’envoyer une lettre à leur parent.
“Non non, je le présente comme si c’était une bande de criminelle, mais c’est à cause de l’alcool. Ca me rend mélancolique, à tout voir en noir, ha ha” se défendit Gwain “Si ça peut te rassurer, ce n’est pas secret dans le sens un complot se forme dans l’ombre, et si j’en parle… couic" dit-il en mimant un egorgement “C’est… C’est plutôt… Hum”
Gwain cherchait une bonne explication, pour s’en sortir. Il sentait les rouages de ses méninges tourner un peu trop lentement à son goût. Il devait trouver l’exemple parfait, pour rassurer Devon et surtout pour déplacer toute suspicion de mauvaise action de lui-même.
“Un secret professionel! Si tu vas te faire soigner, tu n’aimerais pas que la personne qui s’est occupée de toi aille dire ensuite : Oui, vous voyez, Monsieur Devon il a de l’urticaire aux parties. Et bien, les livraisons, c’est pareil! Par example, si je disais que Monsieur Truc envoyait fréquemment des lettres à une Mademoiselle Bidule, on pourrait facilement deviner qu’il y a anguille sous roche”
Gwain secoua un peu la tête brièvement, pour se remettre les idées en place. Il devait laisser de côté la tristesse de son métier, pour ne pas être tenté d’en divulguer plus. Le tavernier n’était pas une épaule sur laquelle pleurer.
“J’exagère, ne t’en fais pas pour moi. La Compagnie Althair est respectable, et ils m’offrent une chance immense malgré tout ce que je dis” récita Gwain, voulant surtout se protéger “Donc aucunement un group qui cherche à renverser la couronne”
Gwain avait l’impression d’aggraver la situation, en insistant sur ce point. Il devait vraiment arrêter de boire.
“Ne me laisse pas te redemander un verre” demanda Gwain en pointant son verre à moitié vide. “J’ai dis déjà assez de bétises”
Est-il en train de mentir? Je ne saurai dire mais je me contente d'hocher la tête, honnêtement j'ai envie de croire qu'il se défend trop - ou pas assez? - pour qu'il y ait quoi que ce soit de louche dans ses affaires, ou qu'il en ait conscience si c'est le cas! Après tout, j'pense pas que les messagers soient toujours au courant de ce qu'ils transportent vraiment, entre les exigences des nobles, les demandes des employeurs, la pression des puissants... Ouai non, j'me doute que quand on est un "simple" employé, on accepte simplement le boulot en espérant le garder. Après tout les temps peuvent être dur quand on n'a pas de revenu pour subsister. J'en sais quelque chose, ça n'a pas été simple avant la réouverture, quand je suis revenu de ce naufrage et pourtant, j'avais un beau coussin de cristaux pour me donner le temps de rebondir. Quand on travaille pour une société aussi imposante que la compagnie Althair, on se contente sans doute de faire ce qu'on nous dit vu que la place est plutôt bien lotie.
"Allons mon ami! Pas besoin d'être tellement sur la défensive, je ne faisais que plaisanter." Dis-je dans un éclat de rire alors que j'écarte la bouteille trônant sur le comptoir. "Cependant, message reçu! Plus d'alcool pour ce soir." Un petit clin d'oeil, j'suis pas le genre de tavernier qui pousse à la consommation, je verse temps qu'on le demande et qu'on peut mettre un pas devant l'autre mais j'vais jamais tenter de me faire plus de cristaux au détriment de la volonté ou du bien-être de mes clients! "Tu veux manger un morceau pour aider à faire passer? Pas de la grande restauration, j'fais juste quelques encas même si éventuellement j'pourrais un jour ajouter le repas à la bibine... Quoi que, j'pense que ça perdrait de la convivialité dans le bâtiment si des gens venait en se croyant dans une auberge offrant le gite et le couvert... Mouai, pas vraiment pour moi en fait!" Dis-je avant de rire avec une honnêteté et un franc parlé qui me correspond parfaitement.
Mais la nouvelle proposition de Devon intéressa l’estomac de Gwain. Ca ne pouvait lui faire que du bien d’absorber autre chose qu’un poison pour son esprit embrumé. C’était par ailleurs même ce qu’il avait prévu, trouver de quoi manger et boire dans la capitale avant de rentrer chez lui, seul… Secouant la tête pour arrêter de revenir encore et toujours sur le même sujet, il tata sa bourse a cristaux, jaugeant si il avait de quoi se faire un autre plaisir. Il pensa alors à ce qu’il devait déjà payer… Il n’aurait jamais du prendre cet alcool unique! Il devait probablement lui couter un doigt… Il s’était laissé emballer par l’ambiance joviale et l’attitude du tavernier, sans réfléchir aux couts!
Il fut tiré de ses calculs mentaux par le rire du tavernier. Non seulement il venait de perdre le compte, mais en plus il devait se concentrer pour comprendre pourquoi Devon riait. Et surtout trouver une réponse adapté, avec bonne repartie! Il rit légèrement tout en se remémorant les dernières paroles.
“Pourtant, tu ferais fortune si tu faisais gite. Vu la qualité de tes alcools, et leur force, plus d’une personne finirait au lit!” s’exlama-t-il un peu fort, appuyant sa blague qui n’en était qu’à moitié une. “Mais avec plaisir d’avoir quelque chose quelque chose à becqueter. Je sais pas, t’aurais quelque chose comme une assiette de boucher?”
Mais le tintement de la bourse qu’il avait le ramena à l’ordre.
“Ou… peut-être pas… Quelque chose avec de la viande, si possible mais pas trop trop…” expliqua-t-il un peu emprunté. “Au fait… C’est que j’ai pas encore livrer ce que je dois, je pensais le faire demain… Et, j’ai pas pensé à demander le prix de ton alcool unique…”
Sa voix se tuait lentement à mesure qu’il finissait sa phrase. Il y avait pensé pourtant au coût, il en avait même été effrayé. Mais il n’avait pas eu la présence d’esprit de demander, pour ne pas passer pour un radin. Mais le voilà bien emprunter, et cette fois, il ne trouvait pas d’excuse...
"Non, en toute franchise, j'aime pouvoir fermer boutique lorsque vient l'heure et rejoindre ma compagne dans notre chez nous... C'est le genre de petit plaisir qui deviendrait difficile si j'accueille tout les aventuriers ou autre fêtards qui veulent pas rentrer chez eux..." Mouai, ce serait pas réellement une excellente idée selon moi...
"Un peu de bidoche pour les affamés! Pour le coup, tu vas voir, la charcuterie vient de chez Mitch, le boucher au coin de la place, il a la meilleur viande de la ville, parole de Devon!" Dis-je en me tournant quand j'suis interrompu par le gamin... J'arque un sourcil alors qu'il s'inquiète du prix de l'alcool et j'me retourne pour lui faire face. J'fronce légèrement les sourcils en le zyeutant de haut en bas, sérieusement il s'inquiète pour l'argent? J'm'approche un peu du comptoir et j'pose ma main sur ce-dernier en fixant mon interlocuteur. "Hum... Est-ce qu'on va devoir s'arranger pour que tu fasses la vaisselle avant de partir mon gars?" Lui dis-je en plissant les yeux avant d'éclater de rire. "Mais non gamin! T'en fais pas! Pour l'alcool unique on est sur du huit cristaux noir! Un peu plus cher qu'une cervoise mais rien d'exagéré, après tout j'te rappel qu'avec mon pouvoir, l'ingrédient principal c'est de l'eau! Si je peux te rassurer immédiatement, l'assiette ce sera quinze cristaux noirs. Si ça te va j'vais te chercher ça?"
«Oui, oui ça fait totalement sens en fait !» dit-il, s’excusant presque de ne pas y avoir pensé directement. «C’est même logique que tu ne vives pas uniquement dans cette taverne, aussi belle soit-elle !»
Gwain se figea un peu en voyant Devon se retourner vers lui après sa mention aux problèmes d’argents… Il sent son coeur monter dans sa gorge. Allait-il tenter de l’extorquer ? Il ne pouvait pas se défendre efficacement avec ce qu’il avait dans le sang. Courir était hors de question, l’homme le rattraperait en quelque foulée. Et il n’allait pas causer une scène avec les gardes juste pour des plats impayés… Il pourrait probablement rembourser plus rapidement en réparant ce que Devon voulait. Ce serait fait en quelques instants, mais ça voulait dire aussi révéler sa capacité… Ce n’était jamais la meilleure des choses à faire… Le fil de pensées décousues qui allait à toute vitesse dans la tête de Gwain s’arreta brusquement, s’écrasant dans l’éclat de rire chaleureux du tavernier. Le Chapardeur soupira, soulagé. Pourquoi avait-il stressé de la sorte, quelle idée ! Il rit un peu, pas aussi fort que Devon.
«Tu me rassures ! Merci infiniment de ne pas chercher à me vider les bourses. Alors oui, c’est avec plaisir que je prends le plat. Ca me gonflera le coeur pour repartir chez moi ! » dit-il, avant de réciter un enseignement « Et tu sais, c’est pas le prix de l’ingrédient qui compte, mais ce que les gens sont prêt à mettre ! »
Devon le savait probablement très bien. Il était dans le monde du service depuis une bonne décennie, alors que Gwain était tout juste entrain de chouiner et bouder que sa sœur parte. Et ce n’était probablement pas la première fois qu’un client lui faisait une ‘leçon’, mais Gwain était très sérieux sur son conseil pour Devon, qu’il laissa repartir le temps de récupérer à manger. En l’attendant, le jeune espion avait entrepris de chercher les cristaux, s’amusant à faire une petite pile pour tout y avoir. Il avait bien entendu arrondi à la dizaine supérieur, en remerciement de l’accueil.
"Merci pour le compliment! Tu sais, j'ai construit cette taverne de mes propres mains... Elle était plus petite à l'époque, moi et mon ancienne conjointe - paix à son âme - avons tout imaginé ensemble! Au final j'suis assez fier du résultat mais également d'avoir conservé cet aspect rustique malgré l'agrandissement qu'on a fait il y a peu. Ce bâtiment, c'est ma troisième plus grande fierté après mon fils et mon épouse!" Dis-je le plus sincèrement du monde... C'est toujours agréable de voir que le travail est apprécié et puis, c'est aussi un souvenir que je conserve de Leila, une chose que Saryna ne me reproche pas pour mon plus grand bonheur, la belle sauvageonne a bien comprit que je n'ai pas spécialement envie de me séparer de certains souvenir - surtout pas de ma taverne - mais que cela n'enlève rien à mon amour pour elle ni au fait que c'est elle ma compagne à présent. J'entreprend ensuite de laver quelques verres alors qu'une poignée de clients me saluent en prenant leur départ, ils ont laissé les cristaux nécessaires aux consommations sur leur table avec le bonus qui va avec, j'ai pas à m'inquiéter du montant, ce sont des habitués.
"C'est une question d'éthique et d'honneur! Certes j'pourrais gonfler les prix, sachant que les gens sont prêt à débourser plus pour certains alcools rares voir uniques mais, quel intérêt? Ma taverne fonctionne bien comme ça et j'ai débuté mon entreprise avec un but : j'veux une taverne familiale qui permette à tout le monde de venir se ressourcer, se détendre ou se divertir après une longue journée de labeur, un endroit où il fait bon être et dans lequel les gens se réunissent entre amis pour discuter autour d'un verre. Tant que je peux vivre de ma passion et faire vivre ma famille, j'ai aucune envie de gonfler les prix alors que je peux faire tourner la boutique en utilisant juste de l'eau tu comprends? Pour moi, ce serait malhonnête de faire autrement..." Dis-je en haussant les épaules. J'suis pas le genre de fou qui cours après les cristaux! Tant que Cid et Saryna sont
à l'abri du besoin, j'ai besoin de rien d'autre...