Alors, sans même le savoir, il passe à autre chose, à répondre à son ami, sans savoir qu’il y a encore des points à remettre au plat. Comment le savoir en même temps ? Les non-dits s’empilent encore un peu plus alors que d’autre ont été dit plus tôt, comme un sans fond qui se remplirait à force qu’on le vide. Le serpent qui se mord la queue. Cela ira certainement mieux plus tard, mais pas pour le moment. Là tout de suite tout s’accumule, encore.
— C’est un rarwük ! Attends, j’ai pris une encyclopédie qui parle des animaux et des plantes. Melta adore qu’on la lise ensemble le soir et elle est illustrée en plus, vraiment superbe.
Et sans un mot en plus, comme s’il avait le feu au popotin, il sauta de sa place pour aller chercher ce livre dans la chambre de son fils. C’était, littéralement, un des livres favoris de Melta. Bien plus que ceux d’histoire, parce qu’il y avait plein dessin très joli qui reprenant parfaitement les animaux dans leur ensemble. Faolan l’avait acheté à la base pour mieux s’occuper de ces familiers, plus en se disant que ça serait un petit plus, avant de voir tout le potentiel de l’ouvrage. Même la partie sur les plantes il n’avait fait attention que bien plus tard, une fois arrivé à cette section avec Melta qui avait aussi été ravie d’en apprendre plus dessus et regarder les belles images.
L’ouvrage était des plus complet et il l’avait eu à une petite vente de bien dans un village dans les pleines à la suite du décès de l’habitante des lieux qui n’avait pas de famille pour reprendre le tout. L’argent devait payer sa sépulture et la remise en état de son habitation pour que la mairie puisse faire vivre une nouvelle famille à la place. Il faut penser pratique dans certaines situations. Après, soyons honnête, ce n’était pas ce qui était mis en avant avec la vente des biens de cette demeure, mais ce n’est, dans tous les cas, pas le sujet du moment.
Pendant que Faolan retrouvait le livre que Melta avait rangé dans son coffre un peu plus tôt dans la journée pour ne pas le perdre et donc, très logiquement, l’avait perdu pour son père, ce dernier regardait avec une sorte d’horreur Fedora. Pas qu’elle lui fasse peur, mais parce qu’elle venais de lui poser une colle pour l’enfant de trois ans qu’il était bientôt. Comment est-ce que Fedora pourrait être responsable d’une dispute ? C’est forcément son papa qui faisait n’importe quoi, parce que son papa il faisait souvent n’importe quoi avec les gens, mais après il faisait de bon repas et tout il contente, enfin, pas tout le temps, mais la plupart du temps et c’est grossièrement la même chose pour l’enfant.
— Fée pas méchante ! Fée trop bien ! Fée comme une maman et maman pas méchante ! C’est mamie a dit et mamie dit vérité, c’est papy a dit. Même papy il pense papa pas bien pas avoir maman pour moi, mais papa ne sais pas et ne dois pas dire, mais mamie dit que…
— Que quoi ?
— Secret !
— Non… Melta… Qu’est-ce que mamie t’a dit ?
— Secret !
— Ce n’est pas possible… Elle recommence…
Il soupira et posa le livre sur la table, la partie de cartes pourrait avoir lieu après de toute façon. Il tapota le livre pour gagner l’attention de Melta dessus qui avait l’air tout excité à l’idée de l’ouvrir à nouveau.
— Tu me retrouves la page de Cannelle mon ribou ?
— Oui !
Et sans plus de question l’enfant ouvrit le livre à la recherche de la dit page, cela l’occuperait un petit moment.
— Désolé Fedora. Ma mère j’ai repris vraiment contact avec et c’est eux qui ont gardé Melta la soirée du 25, seulement, malgré de comment ont est parti à la base elle ne semble pas comprendre qu’elle ne devrait pas parler à tort et travers devant Melta de se qui ne la regarde pas…
— Là papa ! Regarde Fée ! Cannelle grande !
L’enfant montra la page en question avec son petit doigt d’enfant avec un enthousiasme non feint. Il semblait attendre de cette dernière qu’elle lise à haute vois la description de la créature, mais ne dit rien dans ce sens pour autant.
— Est-ce que tu as d’autre familier que le Lupinus qui te font de l’œil au fait ? Le jeu de cartes ne va pas s’envoler et on peut prendre le temps de regarder un peu si tu veux.
Cependant, l'annonce d'une encyclopédie sur les familiers l'intéresse forcément! Elle rêve d'avoir un compagnon même si Wilfred ne semble pas disposé à accepter cette requête de la jeune noble! Sur ce fait, le majordome est intraitable présentement et cela malgré toutes les demandes de la petite poupée... Le départ de Faolan vers la chambre de son fils laisse à la jeune noble l'occasion d'imiter un soupire, geste sans son ni souffle en réalité, ne pas avoir de poumons ne permettant pas d'expirer! Un léger sursaut alors que Melta répond finalement à ce qu'elle avait affirmé plus tôt! Forcément Faolan? C'est pourtant faux, il n'est pas responsable de ce que la jeune fille ressent! Loin de là même! Il est plus victime que coupable de cette affaire, c'est lui qui doit faire avec l'affection de cette étrange créature qui n'est plus humaine depuis longtemps, non réellement il n'est absolument pas responsable et Fedora se surprend même à froncer les sourcils en entendant le bambin... Non, pas contre lui bien-évidemment! Jamais elle ne pourrait ressentir colère à l'encontre de l'adorable enfant! Par contre, les paroles de la mère de Faolan lui déplaisent grandement!
C'est d'ailleurs à ce moment que le cuisinier revient en demandant ce dont il est question mais naturellement, l'enfant refuse d'avouer ce qui lui a été révélé comme un secret! Enfin, il voulait bien le dire à la poupée - ne voyant sans doute pas le problème de partager l'information avec une personne autre que le principal intéressé - mais surtout pas le révéler à son père... Ce-dernier s'excuse? La poupée secoue doucement la tête. "Tu n'as pas à t'excuser, ce n'est pas ta faute! C'est..." Elle ne peut terminer sa phrase, ni avancer sa main pour saisir celle du jeune homme comme un soutient moral qu'elle voudrait lui offrir puisque Melta l'interpelle et elle ne peut définitivement pas laisser le jeune bambin! S'installant proche de lui, elle regarde la page ainsi désignée, lisant la description en suivant le texte de son doigt. Un regard ensuite vers Faolan et elle hoche doucement la tête.
"La véritable question serait plutôt lequel je ne veux pas?" Dit-elle en riant doucement... "Melta, tu veux bien choisir? Quel familier serait bien pour moi?" Demande-t-elle gentiment, plus pour occuper l'enfant que comme une réelle question en réalité! S'écartant un peu, se moquant pour l'instant de ses propres sentiments et de ce que cela aura comme conséquence - tant pis si elle finit par en souffrir - elle dépose sa main sur celle de son ami si particulier pour elle, le regardant de son regard immobile regrettant qu'il ne puisse sans doute pas lire la préoccupation qu'elle ressent au fond d'elle. "Est-ce que ça va Faolan?" Demande-t-elle doucement.
Cela donne un sourire un peu nostalgique au cuisiné, il se dit que l’enfant aime vraiment prendre des décisions pour les gens. Il a un caractère assez fort mine de rien. Parfois, il retrouve un peu en lui son frère et sa sœur, peut-être parce que c’est aussi un peu lui qui les a guidés en leur temps. Possible, en tout cas, ce n’est pas désagréable à voir. Il tourne la tête vers Fedora quand elle lui demande si ça va et en soi il ne sait pas trop quoi lui répondre en vrai.
— Je… hum… je crois. Ce n’est pas comme si je ne savais pas qu’il y avait un risque qu’elle agisse ainsi, mais, je ne sais pas, j’aurais aimé avoir tort. Tu sais, elle pense que c’est une lubie que mon métier, que j’ai été élevé pour être autre chose, on c’est séparé sur des mots assez durs quand j’ai pris la route pour la première fois, mais on a continué à échanger par lettre. Là ç’a toujours été plus simple, plus doux, comme si on ne voulait pas parler de ce qu’on avait pu se dire. Je pense, sincèrement, que mon père repasse derrière pour aplanir un peu les angles aussi. Ç’a toujours été plus son truc, enfin…
Même avec leurs erreurs, ça reste ces parents, il les aime. À la base il aurait été plus chaud pour laisser Melta avec sa famille plus tard, une fois plus grand et préparé à leur discours possible, mais son frère et sa sœur avaient voulu le voir, jouer leur rôle d’oncle et tante et il n’avait jamais su leur dire non. Ça et le fait qu’il fallait un point sur pour garder Melta la nuit du 24 pour donner son cadeau à Fedora. On revient toujours à ce soir là visiblement.
— Elle se met un peu trop son nez dans ce qui ne la regarde pas. Si je l’avais écouté, je serais actuellement marié avec Asha, malgré toute l’histoire qu’il y a autour de notre relation… Les intérêts de la famille en premier.
Il serait le cocu de son village. Le gars ou tout le monde sait que ces mômes, aucun n’est à lui. Celui qui doit se boucher les oreilles sur les rumeurs pour vivre une vie simple. Il sait que si ça s’était passé ainsi, Asha n’aurait pas hésité à avoir des grossesses en plus, alors que là, étrangement, elle se souvient de cette putain de bague.
— J’avais, je ne sais pas, espoir qu’elle change un peu et ferait des efforts pour Melta et pour moi.
— LUI !
La voix de l’enfant plein de sa joie de vivre vrille les tympans avec son cri plein d’enthousiasme sur ce qu’il vient de trouver. Faolan lève les yeux pour lire le nom de la créature trouver pas son fils. Rien de moins qu’un Shupon. Bien entendu il fallait que son fils propose un familier rare, mais en lisant la description rapidement il se dit que l’enfant n’avait pas forcément tord de proposer cela.
— Hum, c’est vrai que cela t’irait bien, puis j’aime bien cette illustration avec un stylo. Ça sera lui qui écrira tes prochaines lettres en fait. Après, qu’importe le familier que tu prendras, je suis persuadé que tu seras parfaite avec.
Même s’il notait que si jamais le Shupon semblait faire mouche, de faire des efforts pour en trouver un œuf pour elle plus tard.
Pourtant c'est surtout l'autre point qui la fait réagir! Discrètement certes, elle ne veut pas spécialement que cela se voit, elle ne veut pas revenir sur ce sujet pourtant si important pour elle mais qu'elle préfère taire présentement! Ses espoirs, ses joies, ses peines... Cela n'importe que peu présentement alors que le jeune cuisinier se confie à elle. Pourtant, bien malgré elle, elle doit se retenir de tout son coeur, de tout son être pour ne pas dire à voix haute ce qu'elle pense pourtant si fort. *Je suis heureuse que tu ne l'ais pas écouté!* Se dit-elle sans oser l'affirmer à voix haute, non réellement, elle sait que ce n'est pas le moment mais cela lui aurait été insupportable qu'il soit encore avec cette fille! Certes c'est ridicule, si tel était le cas il n'aurait peut-être jamais quitté son village, jamais croisé Fedora et alors elle n'aurait jamais ressenti cela pour lui mais, qu'importe? Maintenant qu'elle le connait elle ne peut imaginer accepter une telle chose!
Elle voudrait lui répondre mais c'est à ce moment que Melta s'exclame avec joie! Visiblement il a trouvé ce qui semble être le parfait familier pour la poupée alors, naturellement, elle se détourne de Faolan - mais sans lâcher sa main cependant - pour regarder la trouvaille de l'enfant. Encore un familier qu'elle n'a jamais vu et pourtant, elle sourit de son grand, beau et effrayant sourire alors qu'elle regarde la belle petite créature. Oui, elle imagine bien avoir un tel compagnon un jour c'est un fait. "Il est magnifique Melta! Tu as très bien choisi!" Affirme-t-elle sans l'once d'une hésitation et alors que l'enfant semble heureux d'avoir trouvé LE parfait familier pour la demoiselle, cette dernière se retourne vers Faolan et baisse doucement la tête, dire cela est sans doute une mauvaise idée mais il doit savoir. "Moi... Moi je suis heureuse de tes choix! Je suis heureuse que tu sois cuisinier, je suis heureuse que tu sois partie, je suis heureuse que tu ne sois pas resté avec... ce passé..." Dit-elle pour ne pas que Melta puisse entendre qu'elle parle d'une femme. "Sans cela je ne t'aurais pas connu!" Finit-elle simplement par dire, comme si cette raison seule justifiait tout le reste mais au fond, sans doute est-ce le cas, dans son esprit, rien n'aurait pu être pire que de ne jamais croiser Faolan sur cette place de marché.
Il fixe Fedora qui si simplement, efface ces doutes. Oui, c’est mieux ainsi. Il a pu la rencontrer, il peut vivre une vie comme il l’entend avec son fils, il a pu simplement rencontrer plus de monde que s’il était resté dans son petit village. Il y a tellement de choses qui n’auraient pas été possibles s’il n’avait juste pas choisi la route actuelle qu’il prend.
— Merci, je suis tellement heureux que Lucy est faite que nos routes se croisent et restent liées.
Sa voix n’a plus la lourdeur d’un peu plus tôt. Dehors la pluie s’est remise à tomber tranquillement et le calme est de nouveau là dans son être. Le bonheur semble tellement plus simple d’un seul coup. Pas besoin de se prendre la tête pour rien. Il regarde à nouveau le familier que Melta à choisi et fort de sa résolution se dit qu’il va le trouver pour l’offrir à la demoiselle. Il en parlera à son fils plus tard.
— Papa ! Dis ! Jouer maintenant ?
— Oui, je vais distribuer les cartes, tu vas faire équipe avec Grimmy, d’accord ?
— Oui !
— Tu ne viens pas regarder les cartes, tu te souviens ?
— Mais si a pas couleur ?
— Même, tu fais avec ce qu’on a déjà vu.
— Oui
— Fedora, attend, je vais t’expliquer les règles qu’on a mises en place avec Melta, comme il ne peut pas lire. Donc, il y a des familles, mais au lieu de dire les noms de la famille en bas des cartes, on donne le couleur. Il y a la mère, le père, les grands-pères, la grand-mère, le fils, la fille et le familier. Ça par contre, il sait les reconnaitre les cartes. Est-ce que tu as déjà joué aux sept familles ou bien tu veux des explications avant qu’on commence ?
Si elle avait besoin il ferait un petit topo explicatif avant de faire la distribution des cartes. Il y en avait pas mal mine de rien et le jeu avait été adapté pour convenir à des mains d’enfant. Les couleurs utilisées étaient assez simples, bleu, vert, jaune, rouge, orange, violet et gris. Il aurais certainement dû se mettre plus loin de son amie pour la partie, mais il n’avait aucune envie de bouger de sa place, il lui faudrait simplement ne pas regarder sa main. C’était assez impressionnant comme sa présence semblait être une évidence dans cette pièce-là tout de suite. Même s’il avait une certaine hâte a faire le tour du marché du Solstice avec son fils, il voulait aussi que ce moment avec Fedora dur le plus longtemps possible.
— Au fait, je sais que tu as quelque chose de prévu après, mais on voulait faire un tour au marché du Solstice et j’aurais voulu que tu nous accompagnes.
Autant demander maintenant. On sait jamais.
"Grimmy... Pas de triche!" Dit-elle à l'adresse de la poupée animé par âme artificielle qui lève un bras comme un acte de serment. "Moi? Jamais!" Affirme-t-il devant le regard suspicieux de la plus grande poupée qui sait parfaitement que, malgré cette affirmation, il lui arrive bel et bien de tricher lorsqu'ils jouent à des jeux. Cela fait, son attention revient sur Faolan qui lui explique rapidement le principe du jeu ou plutôt, la différence avec le jeu conventionnel. Différence mise en place pour facilité le jeu avec le jeune enfant et qui est on ne peut plus naturel et compréhensible en réalité! Après tout, quel intérêt de jouer si Melta ne peut pas pleinement profiter du jeu? Un hochement de tête suffit en guise de réponse, oui elle connait bien le jeu des sept familles, même si cela fait un long moment qu'elle n'y a plus joué, il faut avouer qu'elle a déjà eut l'occasion de le faire lors d'un lointain passé, lorsque son pouvoir ou son apparence n'était pas forcément un problème préoccupant...
"Je devrais pouvoir me débrouiller, merci!" Dit-elle en souriant.
Attendant ensuite que Faolan ne distribue les cartes, elle surveilles sa poupée pour s'assurer qu'elle ne tente pas de tricher et, se retourne vivement lorsque le jeune cuisinier lui pose une simple question... Veut-elle les accompagner? La question n'est pas réellement posée en réalité, c'est plus une affirmation : il veut qu'elle l'accompagne mais elle? Que veut-elle exactement? Marcher avec Faolan et Melta? Passer plus de temps avec eux? Bien-sûr elle le veut! Qu'importe ses obligations, sa rencontre avec sieur Godbout qu'elle n'apprécie définitivement pas, les questions relatives à la société dont elle a hérité mais... Est-ce vraiment une bonne idée pour son petit coeur de passer encore plus de temps seule avec le jeune homme? Sans doute pas et pourtant... "Avec plaisir Faolan!" Dit-elle même si elle sait qu'elle risque de regretter ce choix...
— Papa ! Fait joli poisson doré !
— Melta, ce n’est pas bien de faire des dessins sur les gens.
— Mais poisson doré reste pas ! Joli sur Fée !
La dernière partie s’était finie sur la victoire du plus jeune de la partie et il semblerait que Grimmy est expliqué le principe de gage à Melta ou enfin un truc qui y ressemble. Comme c’était Faolan qui avait perdu, le petit voulut que ça soit lui qui dessine un poisson doré sur la main de Fedora. Comme ce qu’il faisait parfois pour l’amuser depuis qu’il avait obtenu sa plume lumière.
— J’ai gagné ! Moi y dit !
— Bien, bien… Fedora, désolé d’avance de mes talents d’artiste…
Tout en disant cela il se leva pour attraper son sac sans fond pour attraper sa plume lumière. Il pourrait simplement faire le dessin dans les airs, mais il trouvait cela toujours plus amusant de le faire à même la peau. Il avait juste une certaine crainte que cela puisse possiblement blesser Fedora, en pensant par exemple être une simple toile de dessin alors que c’était un jeu commun pour lui et Melta. Il s’approche et pris délicatement son bras et commença à dessiner de son mieux un banc de petit poisson sous les yeux admiratifs de Melta qui commençait à babiller tout plein de détail sur les poissons qu’il avait pu battre à Grimmy en le cajolant.
— Il aime bien qu’on joue à cela depuis que je lui ai expliqué ce qu’était un tatouage magique. Il pense que cela le transformera en animaux quand on fait cela avec un plume lumière comme là. Même si à chaque fois je lui explique que non… enfin ça l’amuse à chaque fois. Ne t’inquiète pas, ça ne restera pas. Tu voudras aussi tester la plume ?
Il demanda cela en finissant le cinquième tout petit poisson, il ajouta même quelques rochers et algues autour ainsi que quelques bulles pour finir de donner de la vie dans son dessin. La plume fut ensuite posée sur la table et les cartes ramasser et battu à nouveau plus pour les battre que pour vraiment.
— Merci de bien venir avec nous au marché, il y a un stand qui vend des pierres pour faire des enchantements que j’aimerais bien voir, tout comme il y a tout un étalage pour de nouveaux ustensiles de cuisine. Est-ce qu’il y a quelque chose que tu voudrais voir ?
Se levant, il sort de son sac sans fond un objet qu'elle a déjà eu l'occasion de voir par le passé : une plume lumière! Effectivement, elle sait que cela n'est pas réellement de l'encre et que donc, cela ne restera pas sur sa "peau", inutile alors de refuser et de faire de la peine au jeune enfant. Elle laisse donc son ami prendre son bras, le regardant fixement et alors qu'il se concentre visiblement sur son oeuvre, elle se concentre bien malgré elle sur lui... Pourquoi a-t-elle accepté exactement? S'infliger cela est-ce réellement une bonne idée? Que se passerait-il si elle était réellement humaine? Est-ce que cette situation évoluerait plus facilement? Est-ce que cette proximité pourrait conduire à autre chose? Est-ce qu'elle aurait des frissons alors qu'il dessine ainsi sur sa peau? Nul doute qu'elle en rougirait en tout cas mais au lieu de ça, présentement, il n'y a que les questions, une certaine déception et ce regard qu'elle n'a que pour lui mais qu'il ne lui rend pas... Il relève la tête et elle se détourne rapidement, ramenant son bras maintenant décorée contre elle en tenant son poignet de son autre main.
"Non merci je... Je passe mon tour!" Dit-elle en affichant un grand et faux sourire, bien heureuse de savoir que son visage ne trahira pas ses pensées présentement. Inutile de revenir sur ce sujet précédemment abordé. Elle a dit qu'elle lui laisserait du temps, ce serait bien hypocrite de ne même pas tenir une soirée après tout! À la place, elle se tourne vers Melta faisant comme si de rien n'était et lui montre la création de son père en tendant le bras et en riant avec l'enfant, que la joie est simple à feindre lorsqu'on en a l'habitude même si, cette fois, c'est peut-être un peu plus difficile? Heureusement, sans même le vouloir, le jeune homme a la capacité incroyable de changer les idées de la demoiselle et pour cela, il n'a suffit que de trois mots : pierres pour enchantement! Fedora se retourne d'un coup vers Faolan. "Des pierres pour enchantements?" Demande-t-elle avec une certaine anticipation. "On y va? Maintenant? Il ne faudrait pas que le marché ferme! Ce serait dommage de manquer de temps! Préparons-nous d'accord?" L'envie prend le pas sur la tristesse, l'anticipation sur la déception, l'imagination sur la réalité... Elle trouvera peut-être même un cadeau pour Lin? En tout cas, la voici bien loin de ses soucis de coeur même si elle sait qu'ils reviendront bien vite, au moins elle a trouvé un autre sujet auquel réfléchir.
Il ouvre la bouche pour dire quelque chose à Fedora sur son refus, mais referme presque aussitôt ces lèvres quand il se rend lui-même compte qu’il ne sait pas lui-même ce qu’il pourrait lui dire. La communication n’a jamais été son truc, leur truc, enfin pas avec lui qui vomit des phrases et elle qui écoute. Il sait qu’il pourrait, qu’elle l’écouterait, qu’elle échangerait avec lui, qu’ils pourraient complètement faire cela et plus s’ouvrir à elle que ce qu’il ne le fait, mais il a peur de la faire fuir. Pourquoi ? Lui-même ne sait pas trop. Être lui-même peut-être, tout simplement. Après tout, lui-même n’a pas compris ce qui avait cloché dans son amitié avec Asha et Elthas quand tout avait éclaté d’un coup. Seulement, Fedora n’est pas eux. Elle complètement différente.
Il continue à parler d’autre chose et l’enthousiasme soudain de son amie sur les pierres pour enchantement semble balayer d’un seul coup toute la neige et grêle de sa météo. Il n’y a qu’une pluie douce qui est présente et un sourire sincère et enfin plus calme et serein sur son visage. L’excitation enfantine de la jeune femme sur ce qu’il avait mentionné un peu plus tôt est vraiment touchante et rafraîchissante. Puis, en plus, cela met un pansement de dénis sur le fait que la situation est compliquée avec son cœur qui part dans tous les sens.
— Chaud chaud ?
— Oui Melta on va au marché où il y a des marrons chauds aussi.
— Oh !!! Oui !!!
L’enfant sautille dans tous les sens avant de courir pour attraper ces chaussures et son manteau, vraiment, Faolan reste très fier d’avoir appris ce genre de base à son fils pour sortir. Bon, il doit tout de même aller dans la chambre pour prendre un pull en plus et surtout des chaussettes, mais on ne peut pas tout demander à un enfant aussi petit que Melta. Là il avait vraiment l’impression d’être une petite famille, avec Fedora dedans. Vraiment, il se prend la tête pour des choses qui sont déjà tellement une évidence quelque part. Il revient pour mettre tout ce qu’il fallait pour son fils et se tourna vers son invitée.
— Cela me fait tellement plaisir de te voir ainsi.
Oui, l’avoir aussi enjoué lui réchauffait le cœur et faisait tomber la pluie avec une belle intensité dehors. Il lui tendit la main pour l’entraîner avec lui, mais c’est Melta qui la prit et qui prit de l’autre celle de la poupée.
— Moi milieu !
Faolan souris et rigola simplement des actes du rouquin qui donnait de plus en plus de sa personne mine de rien. Tout va bien ce soir, maintenant, réfléchir cela sera pour plus tard.
Naturellement, elle n'est pas la seule à être enthousiasmée à l'idée d'aller voir le marché, nul doute que le jeune enfant a d'autre préoccupation que les pierres qu'ils pourraient trouvés mais définitivement, Melta partage le moment de joie éphémère de la jeune noble, ce qui ne fait qu'alléger un peu plus encore le coeur de cette-dernière. Tout est tellement plus simple lorsqu'il n'est pas question de sentiments! Après s'être vêtu, le jeune enfant intercepte la main de Faolan qui était a destination de la jeune fille alors qu'il lui signalait que cela le rendait heureux de la voir ainsi - peut-être est-ce mieux en réalité? - clamant qu'il sera au milieu. Une décision que Fedora ne risque pas de contester alors qu'elle prend la main du jeune bambin avec un grand sourire sur le visage, beau, grand et effrayant comme toujours même si, en présence des ces deux "hommes", cela ne semble pas si apeurant que cela. "Je suis heureuse d'être avec vous..." Dit-elle simplement à l'adresse du jeune homme en relevant sur lui son regard immobile et sombre. Oui, elle est heureuse présentement, même si elle sait que ce moment ne sera que de courte durée, au moins elle peut en profiter actuellement...
Ils quittent donc la demeure de Faolan pour se rendre vers la place du marché, il faut bien avouer que pour la jeune fille, c'est un grand pas en avant en réalité! Elle se doute qu'il n'y aura pas que des gens connus à la capitale pour un tel "événements", elle sait qu'elle va sans doute avoir droit à des regards au mieux curieux posés sur elle mais qu'importe? Cela l'aurait sans doute inquiéter par le passé mais plus maintenant, pas après tout ce qu'elle a vécu. C'est marrant d'ailleurs lorsqu'elle y pense, de toutes les personnes qu'elle a rencontré, alors qu'elle tentait de gagner en confiance en elle pour se rendre au grand port et rencontrer son père, Faolan a été le premier à se montrer gentil, protecteur aussi - elle se souvient de cette pâtissière notamment - alors c'est peut-être pour cela qu'elle se sent si tranquille de marcher dans les rues de la capitale ce soir? Parce qu'elle sait qu'avec lui, tout ira bien?
Le premier arrêt se fait pour Melta, depuis le départ de la demeure le jeune garçon n'a pas perdu son envie de marrons chauds, loin de là même! C'est donc tout naturellement qu'il est le premier satisfait par cette sortie. Ensuite par contre, c'est Fedora qui fait entendre sa voix. "Je veux des minerais d'enchantement!" Affirme-t-elle, démontrant sa capacité indéniable à agir en enfant qui ne s'arrête que lorsqu'elle a ce qu'elle veut, heureusement pour Faolan, il ne s'agit ici que de matériaux... C'est sans une once d'hésitation qu'elle traine ses deux pauvres accompagnateurs entre les stands à la recherche de celui qui attise sa convoitise et soudain, elle entend quelque chose qui la fait immédiatement réagir.
- Pourquoi quelqu'un vendrait du fer? Quelle drôle d'idée...
Il n'en faut pas plus pour que Fedora dépasse les deux personnes discutant pour s'arrêter devant le vendeur en question... Elle regarde le fameux minerai de fer un instant, et sourit soudainement d'un grand, beau et effrayant sourire! "De ferrous magicus!" Affirme-t-elle en montrant l'objet à Faolan. "On dirait du fer, il a pratiquement les même propriétés en réalité sauf qu'on ne peut pas réellement le transformer. Il n'est pas très solide, ne coupe pas bien longtemps et se déforme avec le temps mais ce n'est pas ce qui est intéressant! C'est le métal le plus utile quand il est question d'enchantement!" Affirme-t-elle fièrement, se souvenant bien de la leçon de Lin sur le sujet, alors qu'une fois forte se fait entendre. "Un parfait résumé! Ça fait plaisir de voir quelqu'un qui s'y connait, vous êtes enchanteresse?" Léger sursaut, elle avait complètement oubliée qu'elle n'était pas juste avec Faolan alors qu'elle se tourne vers le vendeur. "Je... Euh... Non... Je... J'apprends seulement..." Cherche-t-elle a expliqué, visiblement gênée que l'on puisse réellement penser qu'elle en sache plus que cela. De toute évidence, elle n'a pas son parlé et sa "confiance" habituelle lorsqu'il s'agit du sujet qu'elle étudie depuis peu.
Il ne s'en rend même pas compte, il nie encore ce fait, trop têtu, que déjà il considère Fedora comme faisant partie de ce tout qu’il construit avec Melta. Il n’y a que la frontière de la peur qui le sépare d’une réalité si douce. Sûrement aussi douce que du miel. Comme les petits gâteaux qui font de l’œil a son fils et qu’il doit rediriger vers les stands de pierre qui brille pour ne pas le voir faire les yeux doux au commerçant pour avoir à nouveau à manger.
Il écoute avec attention la conversation de Fedora et du vendeur en regardant avant attention le fameux de roux magique qu’elle lui présente. Cela semble important pour les enchantements, il se demande comment elle a pu faire exactement la différence avec n’importe quel bout de métal, mais en soit, ça doit être un peu comme lui avec la qualité des produits. L’expérience et la passion.
— Elle apprend avec beaucoup de passion auprès d’une enchanteresse à la ville aquatique. C’est bien cela ? Je ne me trompe pas ? Enfin, je vais vous en prendre pour elle du coup.
— C’est un très bon choix pour une future enchanteresse. Combinent il en faudrait ?
— Je ne suis pas enchanteur et c’est…
— Un cadeau, je vois. Je vais donc mettre de quoi faire cinq enchantements de bonne qualité si cela vous convient.
— C’est parfait pour moi !
Pour une fois il avait dit cela avant que Fedora puisse ouvrir la bouche et avait immédiatement payé le marchand une fois le prix donné avant de lui mettre le nouvel achat entre les mains.
— Cadeau. Si tu ne veux pas le prendre en cadeau vois cela comme un investissement et fait moins cinq enchantements personnalisés alors.
D’une certaine manière, à agir ainsi, il ne voulait que garder cet équilibre précaire entre eux. Ne pas la forcer dans un cadeau tout en sachant que chercher un enchantement et l’étudier semblait lui faire plaisir de base.
— Papa ! Fée ! Brille brille ici !
De son côté Melta avait tout son intérêt sur des cristaux de lumière qui changeait de couleur toute seule eu fil du temps. L’enfant babillait et tout semblait plus simple. Il avait envie que ce moment dure encore et encore, mais l’heure tourne et toutes les bonnes choses ont une fin. Même une soirée avec Fedora qui a commencé dans une ambiance pesante avant de jouer cette comédie des plus mielleuse pour soigner leur cœur à un peu tous.
Elle hoche vivement la tête, manquant une nouvelle fois de la perdre, avant de confirmer en ajoutant un détail essentiel. "Oui et... Lin est la meilleure des enchanteresses!" Affirme-t-elle sans réellement être particulièrement objective sur cette vérité absolue dans son esprit. Elle voudrait refuser, dire à Faolan qu'elle ne peut pas accepter cet achat, ce cadeau qu'il lui offre alors qu'elle n'a absolument rien pour lui. Elle se sent mal en réalité, c'est la seconde fois avec cette fameuse soirée qu'il lui offre un cadeau et qu'elle n'a rien à lui donner en retour. Jouant nerveusement avec ses mains alors que l'échange se fait sans qu'elle n'ait l'occasion de réagir - par Lucy elle se maudit de ne pas intervenir - alors qu'il lui donne ensuite l'achat et qu'elle le prend en baissant doucement la tête. Elle s'apprête à le lui dire : ce n'était pas nécessaire, qu'il ne devait pas se montrer si gentil, que définitivement cela n'allait pas l'aider vu la situation mais il trouve une nouvelle fois les mots : si elle ne veut pas le voir comme un cadeau qu'elle s'en serve pour lui faire des enchantements? Elle relève d'un coup la tête, le considère sans rien dire, l'observant de ses grands yeux immobiles et dénués de paupières et soudain, un large sourire. "Ça je peux le faire!" Affirme-t-elle. Après tout, si ça parle d'enchantement, elle trouvera sans doute une idée, peut-être même en a-t-elle déjà en réalité.
Ils rejoignent ensuite Melta auprès des cristaux lumineux qui émerveillent l'enfant, tout semble pourtant si simple alors pourquoi ne l'est-ce pas réellement? Par réflexe, elle se saisit de la main du jeune père de famille, expliquant à Melta comment les cristaux peuvent changer de couleur, trouvant si plaisant de répéter à quelqu'un d'autre ce que Lin lui a expliqué auparavant... Malheureusement, la journée approche de son terme, Fedora a bien oublié ses rendez-vous, ses obligations, ses priorités... En avait-elle seulement réellement à la base ou n'était-ce qu'une excuse derrière laquelle se cacher pour ne pas penser à sa colère, sa tristesse, ses sentiments de manière générale? De toute façon Wilfred s'en sera sans aucun doute occupé. L'heure est maintenant venu de partir, retourner chez elle, elle fait un câlin à Melta en lui souhaitant bonne nuit, certes le bambin conteste un peu, demandant que la fée le raccompagne chez lui mais elle sait parfois se montrer ferme, il ne faut pas abuser! Ainsi, une bonne vingtaine de minutes après elle dit à nouveau au revoir à Melta en refusant cette fois de rentrer dans la demeure! Se tournant ensuite vers Faolan, elle hésite un instant, que dire? Que Faire? Finalement elle s'avance, lui offre un bref câlin en murmurant plus pour elle qu'autre chose. "Ne sois pas trop long..." Une demande, une espérance, oui elle a dit attendre mais combien de temps pourra-t-elle réellement le faire? Sans réellement lui laisser le temps de répondre, elle relâche l'étreinte et fait demi-tour pour s'éloigner dans la fraicheur de la soirée avec uniquement Grimmy pour lui tenir compagnie.